Olivier Pasnin ne jure que par les éponges marines

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Olivier Pasnin (à droite) ne vit que de sa passion pour la mer qu’il veut à tout prix protéger pour que les enfants puissent s’y familiariser.

Olivier Pasnin (à droite) ne vit que de sa passion pour la mer qu’il veut à tout prix protéger pour que les enfants puissent s’y familiariser.

La mer, Olivier Pasnin, 33 ans, l’aime tout plein et les éponges marines aussi. Ce passionné de la nature, de la science et de la plongée sous-marine est aussi un fervent adorateur de sport. Natif de Rodrigues, il étudie depuis 2016 à l’université de Stellenbosch, dans l’optique d’obtenir un doctorat en génétique des éponges.

«J’ai obtenu une bourse pour un doctorat à l’université de Stellenbosch pour étudier la génétique des éponges marines qui sont présentes dans les îles des Mascareignes», raconte-t-il. Olivier Pasnin ne rate pas l’occasion d’expliquer l’importance de ces invertébrés, même s’il est certain qu’il faudrait se pencher davantage dessus.

«Pourquoi les éponges ? (…) Pour faire court, les éponges marines sont des filtreurs puissants qui recyclent l’eau et produisent des nutriments précieux pour d’autres organismes marins.»

«Pourquoi les éponges ? Peut-être il me faudrait un article entier pour expliquer l’importance des éponges pour l’équilibre de notre écosystème», explique le scientifique. «Mais pour faire court, les éponges marines sont des filtreurs puissants qui recyclent l’eau et produisent des nutriments précieux pour d’autres organismes marins. Ainsi, les éponges sont des organismes clés dans l’équilibre de la biodiversité.»

Actuellement, il est en dernière année de thèse pour son doctorat et finalise ses analyses et son rapport. «Je préfère garder les résultats pour après mais je dis déjà qu’on a appris des choses très intéressantes sur la biodiversité des éponges des trois îles», annonce Olivier Pasnin.

«J’ai été invité à plusieurs conférences régionales pour partager le projet avec d’autres scientifiques et des personnes dans le domaine de la conservation marine. Les résultats ont été publiés dans un journal scientifique reconnu mondialement.»

Avant d’en arriver là, c’est dans son île natale qu’il découvre les joies de la mer. «Depuis mon très jeune âge, je suis tombé amoureux de la mer. Il ne se passait pas une semaine sans que je sois dans l’eau, à chercher des crabes ou des petits coquillages à manger, ou juste à marcher et à observer les différentes espèces.»

Olivier Pasnin se concentre sur ses études car il veut approfondir sa passion pour la mer. «À la fin de mes études secondaires au Rodrigues College en 2005, j’ai obtenu une bourse d’études pour une licence à l’université de Maurice (UoM) dans le domaine scientifique. Vu qu’à cette époque on n’enseignait pas la science marine à l’UoM, j’ai opté pour la biotechnologie.»

«Il est important qu’on établisse une base de données sur les différentes espèces autour de nos îles. On a tellement à découvrir, comprendre et protéger.»

Après ses études, il retourne à Rodrigues et enchaîne différents petits boulots avant de pouvoir reprendre les études. «J’ai poursuivi mes études par une maîtrise en science marine à l’université de Cape Town (UCT) en Afrique du Sud.» Et pour son projet de maîtrise, il décide de mettre Rodrigues au centre de l’attention. Après avoir soumis des propositions à l’UCT et après discussion, il arrive à convaincre ses chargés de cours.

«Mon centre d’intérêt restait mon île Rodrigues. Après avoir parlé à l’organisation non gouvernementale Shoals Rodrigues, j’ai trouvé un superviseur dans le domaine de la conservation marine qui a bien voulu essayer quelque chose de différent», ajoute Olivier Pasnin. «Je me suis lancé comme défi de faire un projet de thèse en établissant un plan de conservation marine pour Rodrigues en me basant sur les données que Shoals a récoltées pendant dix ans

Sa maîtrise est couronnée de succès, ce dont Olivier Pasnin est très fier. Son travail recueille la mention excellente de l’université. Il soumet une copie des recommandations au gouvernement régional de Rodrigues et à Shoals Rodrigues. «J’ai été invité à plusieurs conférences régionales pour partager le projet avec d’autres scientifiques et des personnes dans le domaine de la conservation marine. Les résultats ont été publiés dans un journal scientifique reconnu mondialement», dit-il avec fierté.

À l’issue de ses études, il est retourné à Rodrigues en 2011 et a fait un peu de volontariat pour Shoals Rodrigues en travaillant sur les réserves marines de l’île. Durant la même année, il a accumulé un peu d’expérience à Maurice auprès de la Mauritius Wildlife Foundation avant de rejoindre la Mauritius Marine Conservation Society comme Scientific Coordinator. Il a ensuite rejoint le Mauritius Oceanography Institute en tant qu’Associate Research Scientist. Après cinq ans passés à l’institut, il a pris un congé pour boucler ses études de doctorat.

«Il est important qu’on établisse une base de données sur les différentes espèces autour de nos îles. On a tellement à découvrir, comprendre et protéger», dit-il. «Il faut aussi dire que j’admire la jeunesse mauricienne ces dernières années. On observe une implication et une prise de conscience sur la protection de l’environnement et l’importance de la biodiversité marine pour notre survie», conclut-il, en espérant que notre mer sera toujours bleue et vivante dans 20 ans.

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