Le Shift System dans les hôpitaux fait (encore) grincer des dents

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Les médecins travaillent en sous-effectifs dans plusieurs départements dans les hôpitaux.

Les médecins travaillent en sous-effectifs dans plusieurs départements dans les hôpitaux.

La pilule est amère. Une année après l’introduction du Shift System dans les hôpitaux publics, le premier bilan est loin d’être positif. Pour cause, le manque de médecins généralistes se fait sentir. La situation est telle que, dans certaines régions, le ministère de la Santé a choisi de diminuer le nombre de médecins dans les Mediclinics et les Area Health Centres. Le but est de pallier le manque de professionnels dans les hôpitaux…

Au niveau des centres publics de santé, on souligne que la situation est devenue pénible. Interrogé, un médecin affecté à l’hôpital du Nord souligne que dans les Mediclinics et quelques «dispensaires» où il a également été introduit, le Shift System n’a pu être respecté dans de nombreux cas. Cela, car le nombre de médecins qui y sont postés a été revu à la baisse, étant donné qu’ils ont été envoyés dans les hôpitaux. Mais cette mesure ne suffit pas.

Recruter davantage de médecins

Cette façon d’opérer inclut des horaires fixes et des jours de récupération (off) pour les médecins généralistes. Dans les milieux concernés, on évoque une «situation de crise» et on est d’avis qu’il faut un grand nombre de généralistes pour que le système de rotation fonctionne de façon correcte.

Le Dr Vinesh Sewsurn, président de la Medical Health Officers Association (MHOA), qui représente les médecins généralistes employés par la fonction publique, abonde dans le même sens. Selon lui, si le gouvernement souhaite que le Shift System marche, il faut recruter davantage de médecins.

50 médecins

«Le Shift System a été lancé comme projet pilote en 2016. Trois cents médecins avaient été recrutés. Mais depuis deux ans, seuls une cinquantaine d’entre eux ont intégré la fonction publique. Ce n’est pas suffisant», dit-il.

De plus, selon lui, ce système de rotation a été lancé à la va-vite. Et une année après sa mise en application, il est temps pour le ministère d’effectuer un bilan, voire une étude complète.

Congés d’études

«Une fois recrutés par la fonction publique, bon nombre de médecins choisissent de poursuivre leurs postgraduate studies. Ils ont droit à des congés. Ces facteurs aussi expliquent le manque de médecins», souligne le Dr Vinesh Sewsurn. La MHOA, dit-il, a demandé une rencontre avec le ministère de la Santé pour discuter des conditions de travail. Des explications sur le fonctionnement du Shift System seront aussi de- mandées. Le président de l’association avance toutefois qu’à ce jour, il n’a obtenu aucune réponse.

Entre-temps, dans les Mediclinics et Area Health Centres, les médecins sont souvent contraints de faire des heures supplémentaires. Les horaires de travail sous ce système sont de 8 à 16 heures et de 16 à 21 heures. Normalement, ces deux tranches sont assurées par des équipes différentes.

Heures supplémentaires

Cependant, vu que les effectifs sont réduits, dans plusieurs cas, ce sont les mêmes généralistes qui assurent les deux tranches. Et cela, sur plusieurs jours. Sauf que, dès 16 heures, l’on passe aux heures supplémentaires. «Un des objectifs du gouvernement était également de réduire le paiement des heures supplémentaires. Mais là, il y a des cas où des médecins enchaînent cinq heures supplémentaires par jour, sur plusieurs jours. C’est un retour à la case départ», indique-t-on dans les milieux concernés.

Nos sources ajoutent que les patients en font les frais au final. Car les files d’attente sont longues et les médecins sont, eux, fatigués… Des explications du ministère de la Santé sont attendues aujourd’hui.

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