Exposer, s’exposer, décomposer: Gael Froget, vive le changement

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Gael Froget dans son atelier, Bactory à Quatre-Bornes. Un bel espace pour poursuivre sa maturation artistique.

Gael Froget dans son atelier, Bactory à Quatre-Bornes. Un bel espace pour poursuivre sa maturation artistique. 

Signe de maturité chez Gaël Froget. Passage d’un travail «très spontané avec une urgence de s’exprimer» à des compositions «plus réfléchies», où le plasticien a investi plus de temps. C’est cette Transpozision, que Gaël Froget va montrer du 13 au 29 septembre, à Dock 13, Trou-Fanfaron, à Port-Louis. L’exposition est proposée par la plateforme artistique The Third Dot d’Alicia Maurel et Laetitia Lor.

Gaël Froget qui a 32 ans, dont dix de pratique, estime avoir commencé l’art «très tard». La transformation s’appuie sur ce vécu. Sur le choix de vivre de la peinture. De faire de la peinture sérieusement. Aux antipodes du cliché du jeune street artist. «Un jour quelqu’un m’a dit : tu es artiste, c’est bien, mais être artiste cela ne sert à rien. Ce n’est pas comme si tu étais médecin.»

Puisant de son expérience, il confie : «Je vis à Maurice, mais 90 % de mes toiles quittent Maurice, parce qu’à l’étranger on me prend au sérieux. Ici on dit, ‘li pe bat bate, serie’». Selon lui, être artiste à Maurice c’est faire le choix d’évoluer dans «un milieu désorganisé. Quand l’artiste ne vend rien pendant trois-quatre mois, il n’y a personne pour le soutenir. Je ne souhaite rien d’utopique, mais seulement ce qui existe déjà à l’étranger, que l’on reconnaisse les artistes».

Transpozision illustre les questionnements de Gaël Froget pour «trouver [sa] fonction en tant qu’artiste dans la société». Fini le vandalisme qui a caractérisé les précédentes œuvres de Gael Froget. «Je garde mon style, mon âme créative, mais en évitant de faire du tapage juste pour faire du tapage», justifie-t-il.

La rébellion du vandalisme laisse place à «un retour à l’essentiel, un retour à la peinture». Aux œuvres sur papier, Gael Froget a préféré 20 toiles de grand format dont une de 3 m 60 x 3 m 20.

Sur la toile, des personnages en noir – pour la noirceur de l’humanité – peuplent les tableaux de Gael Froget. Il se réclame aussi de l’art africain, avec les yeux évidés qui rappellent les masques. Des coutures viennent enrichir les compositions – le plasticien a étudié et travaillé dans la mode avant.

Cela fait partie du nouveau langage que veut développer Gaël Froget. En association par exemple des mots et des phrases de son ami Rajiv Dave, qui sont intégrés dans les tableaux. Exemple : «Vie zako pa konpran nouvo grimas.»

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