Maiden Cup: deux champions mauriciens se racontent

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Première victoire de Samraj Mahadia (à g.) sur Have Mercy, en 2003. Praveen Nagadoo, son beau-frère, avait ouvert la voie en 1996 sur River Run.

Première victoire de Samraj Mahadia (à g.) sur Have Mercy, en 2003. Praveen Nagadoo, son beau-frère, avait ouvert la voie en 1996 sur River Run.

La plus prestigieuse course de notre calendrier hippique, la Maiden Cup, sera disputée ce dimanche 2 septembre au Champ-de-Mars. Notre Ruban Bleu attirera comme à l’accoutumée la grande foule. À Maurice, depuis sa première édition en 1843, seuls cinq jockeys locaux ont réussi à s’imposer dans cette épreuve. Parmi eux, l’on retiendra les noms de Praveen Nagadoo et de Samraj Mahadia qui sont, pour la petite histoire, beaux-frères. Le premier avait ouvert la voie en 1996 sur River Run et le second avait réussi l’exploit de mener le même cheval par deux fois à la victoire, Have Mercy, en 2003 et 2005. Nous sommes allés à leur rencontre…

La rue Shakespeare, à Port-Louis, tout près de l’hippodrome, est silencieuse à cette heure de la journée. C’est justement dans son écurie que Praveen Nagadoo nous donne rendez-vous. Celui qui fait figure de pionnier pour les jockeys mauriciens reste une référence quand on parle du Maiden. Depuis sa victoire sur River Run, en 1996, il a fait son petit bonhomme de chemin, passant de jockey à entraîneur, avec même une écurie à son nom. «Ce sont mes enfants qui m’ont poussé à aller de l’avant. J’ai déjà quatre victoires à mon actif et j’espère finir la saison avec trois ou quatre autres victoires.»

 
 


 
Il raconte que ce n’est qu’après un mois d’entraînement et de préparation qu’il a réussi à emmener River Run vers la victoire finale. «Il faut dire qu’il était un bon stayer. L’entraîneur m’avait promis que j’aurais la chance de le piloter lors de la course s’il est aligné.» Cette promesse tenue lui a permis d’entrer dans l’histoire.

«Ma chance était aussi que je n’étais qu’une doublure dans cette course. Donc, pas de pression. Mais je dois dire qu’obtenir une monte lors d’un Maiden est déjà une victoire en soit. Il faut juste savoir saisir sa chance.» Surtout qu’actuellement, dit-il, les entraîneurs préfèrent opter pour les services des jockeys étrangers.

Pour réussir dans ce métier, explique Praveen Nagadoo, il faut avoir un amour et une passion sans bornes pour les chevaux. «On ne devient pas jockey dès que l’on s’assoit sur un cheval. Il m’a fallu passer trois ans comme palefrenier pour apprendre à connaître les chevaux. Puis, en 1988, j’ai débuté comme apprenti jockey. Mais ma première course a été en 1990. Il faut beaucoup de patience et de ténacité pour continuer dans ce métier.»

Avis partagé par Samraj Mahadia, le premier Mauricien à avoir fait un doublé et en plus sur le même coursier, Have Mercy. «Une Maiden Cup ne se gagne mais il faut aussi avoir la bonne tactique.» Il confie qu’il a suivi à la lettre les directives de son entraîneur de l’époque, Bud Gujadhur. «Nous avons pris à contre-pied tous nos adversaires. Le résultat : deux victoires en trois ans.»

Sa première victoire dans la Maiden Cup, en 2003, restera à tout jamais gravée dans sa mémoire. «Je me souviens qu’au poteau des 1 200 mètres, j’avais pris une avance de quatre à cinq longueurs sur le peloton. Les autres m’ont laissé filer. Et puis, à 800 mètres de l’arrivée, ils se sont rapprochés. Mais leurs chevaux ont dû faire un peu plus d’efforts et devaient souffler pour récupérer. Et quand leurs montes ont ralenti le pas, j’ai alors accéléré et c’est comme cela que Have Mercy s’est imposé pour la première fois.»

Même s’il est actuellement un peu éloigné du monde hippique, Samraj Mahadia continue à suivre l’évolution des courses. Et pour ce Maiden, il place sa confiance dans le porte-drapeau de l’écurie Gujadhur, Enaad (voir hors-texte). «C’est un cheval qui court très relax. Il est très maniable et pourra s’imposer. Et puis, son pedigree est excellent. Toutefois, il devra se méfier de son compagnon d’écurie, St Tropez. Il y a un autre cheval qui est aussi en forme, c’est celui de Preetam Daby, Dreamforest. Mais Enaad reste mon favori.»

Pour la grande course de demain, ils seront quatre Mauriciens en selle : les jockeys Teeha, Allyhossain, Bussunt et Rama. En tout cas, la fine cravache qui remportera ce Maiden aura les étoiles plein les yeux, dimanche après-midi…

Enaad, le grand favori

Ce coursier de l’écurie Gujadhur reste sans conteste le cheval à battre dans l’épreuve reine. Déjà vainqueur de la dernière édition, Enaad revient pour défendre son titre. Ce stayer tentera de suivre les traces de cracks illustres, qui ont remporté le Maiden à deux reprises : Tahara Maid (1905, 1906), Lines of Power (1988, 1989), et Have Mercy (2003, 2005). Rendez-vous demain, à 15 h 30.

Trois autres Mauriciens ont crevé l’écran

Le Ruban Bleu leur a aussi souri. En 2000, le public a explosé de joie en voyant Gwinganna s’imposer avec, sur son dos, Vishan Venkaya. En 2014, un autre fils du sol, Rye Joorawon, est victorieux avec Man To Man. Émulant Samraj Mahadia, il décroche le pompon une seconde fois, en 2016, avec Parachute Man. Ce coursier de l’écurie Maingard tentera de nouveau sa chance cette année, dans le Maiden. Et finalement, en 2015, c’est Kevin Ghunowa qui franchi la ligne en vainqueur, sur Vettel.

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