Meurtrier à 16 ans, gardien de prison à 22 ans: le passé d’Avinash le rattrape

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Le contrat du jeune homme comme gardien de prison a été résilié le 22 août.

Le contrat du jeune homme comme gardien de prison a été résilié le 22 août.

En 2012, il faisait la une des journaux. À tout juste 16 ans, il était accusé du meurtre de sa belle-mère et de sa demi-soeur âgée de deux ans. Six ans après, Avinash (prénom d’emprunt) a refait parler de lui lorsqu’il a été recruté comme gardien de prison… Ce qui suit est le récit de la vie de ce jeune homme de 22 ans.

Il n’était qu’un adolescent à l’époque. Il disait ne plus pouvoir tolérer les remarques de sa belle-mère. Ce qui aurait poussé Avinash à la tuer ainsi que sa demi-sœur par «accident». La fillette était âgée de deux ans…

«Il était dans ma classe à l’école. Un jour, nous discutions et il m’a parlé de sa situation à la maison. Ses parents étaient séparés et son père avait refait sa vie. ‘Madam-la maltret mwa’.»

Les cadavres de cette femme au foyer et de l’enfant avaient été découverts le lundi 25 juin 2012 à leur domicile, à Mare-d’Albert. L’adolescent est passé aux aveux un jour après. Il a raconté avoir étranglé sa belle-mère lors d’une dispute. La petite, il n’avait nullement l’intention de la tuer, selon ses dires. Quand celle-ci aurait commencé à crier et pleurer, il aurait tenté de la faire taire en plaquant sa main contre sa bouche. La petite est morte des suites d’une asphyxie.

Cette semaine, Avinash a de nouveau fait parler de lui ; il a fait la une des journaux. La raison étant que le jeune homme de 22 ans avait été recruté comme gardien de prison. Mais depuis que les médias en ont parlé, son contrat a été résilié, le 22 août. Le temps que l’enquête préliminaire soit effectuée, elle devrait démarrer d’ici à la fin de cette année. 

Six ans après les meurtres, les proches et ceux l’ayant côtoyé sortent de leur mutisme. Même si rien n’excuse son acte, ceux qui le connaissaient affirme que sa vie n’a été que tragédie, qu’il était un enfant battu. «Il était dans ma classe à l’école. Un jour, nous discutions et il m’a parlé de sa situation à la maison. Ses parents étaient séparés et son père avait refait sa vie. ‘Madam-la maltret mwa’», avait-il confié à un de ses profs.

Ce dernier a croisé Avinash après qu’il a commis les meurtres. «Li finn dir mwa fodé pa mo krwar li enn kriminel. Madam-la ti pé bat li tro boukou», raconte le prof.

«Mo pa krwar li ti éna lintension touyé. Li ti pé défann limem. Ti bébé-la mo pa mem krwar ki kan linn kit lakaz sa zour-la li ti koné ki linn mor», tente de justifier un proche. «Li pa ti enn mové dimounn. Li ti enn lakrem!» lâchent même les autres gardiens de prison qui l’ont côtoyé ainsi que quelques-uns de ses supérieurs.

Oui mais voilà, il a commis deux meurtres. Intentionnellement ou pas, il a tué un «bébé», soulignent des internautes, outrés par le fait que ce «criminel, meurtrier, assassin» ait pu être recruté comme gardien de prison.

Comment est-il passé à travers les mailles d’un filet censé être étanche ? Une source policière indique qu’il avait lui-même, à l’époque, entrepris des démarches pour qu’il y ait un assouplissement des «conditions» dans le cas d’Avinash. La personne en question a plaidé pour qu’il n’ait plus à se présenter au poste de police de Rose-Belle, qui était assez loin de sa maison, afin que le jeune homme puisse compléter son Higher School Certificate. Une demande agréée par le magistrat.

«Li pa ti enn mové dimounn. Li ti enn lakrem!»

Quid du certificat de caractère ? «Pa bizin sertifika moralité as Police Headquarters were supposed to do all research on the profile of every candidate and submit same to Disciplined Forces Service Commission (DFSC). If police provides good reports on a candidate who has faulted before, then DFSC won’t know and will issue letter of appointment. Prisons Department has nothing to do with recruitment», explique-t-on. D’ajouter que c’est la «fot lapolis, si zot ti bien fer zot résers, ti pou trouvé ki li éna case pending»

Le commissaire des prisons, Vinod Appadoo, affirme pour sa part qu’Avinash, bien qu’il soit passé aux aveux, n’a pas encore été jugé, d’où le fait que son certificat de caractère était toujours vierge. De faire ressortir qu’il s’est entretenu avec le commissaire de police et que des dispositions seront prises pour que ce genre de situation ne se reproduise plus.

«Bizin trouv enn mwayen koné mem si éna bann sarz provizwar.» S’il n’a pas été «attrapé», le passé d’Avinash l’aura rattrapé…

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