Dans le Nord: des homosexuels refoulés à la porte d’une discothèque

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Jordan Chendrayah s’est vu refuser l’accès à une boîte de nuit, samedi 18 août.

Jordan Chendrayah s’est vu refuser l’accès à une boîte de nuit, samedi 18 août.

Il a décidé de porter plainte à l’Equal Opportunities Commission (EOC). Jordan Chendrayah, 22 ans, s’est vu refuser l’accès à une boîte de nuit du Nord, samedi 18 août. «Nous étions quatre homos et un couple hétéro», explique-t-il.

Il était environ 00 h 30 lorsqu’il s’est présenté à la porte en compagnie de ses amis. Le vigile les informe qu’ils ne pourront pas aller se déhancher sur la piste de danse. La raison évoquée : l’entrée est réservée aux couples et selon la politique de la boîte, un couple est composé d’un garçon et d’une fille.

«J’ai cru que j’avais fait un bond dans le temps pour atterrir à une époque rétrograde, mais non…» ironise le jeune homme. Au dire de Jordan Chendrayah, le vigile leur aurait même conseillé de faire semblant d’être hétérosexuels la prochaine fois. Conseil que Jordan Chendrayah et ses amis trouvent hypocrite. Le pire, soutient le jeune homme, c’est que l’un de ses amis n’était pas Mauricien. «C’est ça l’image qu’on veut donner de Maurice ?»

Sollicité, un responsable de la boîte de nuit rejette les accusations d’homophobie et confirme les conseils du vigile. «Nous avons toujours eu les membres de la communauté LGBT chez nous. Mais il n’empêche que la politique d’entrée est un homme et une femme. Rien n’empêche un gay de venir avec une femme pour y avoir accès…»

 D’autres témoignages

Brian Glover, ancien président de l’EOC, estime, pour sa part, que ce refus est une vraie discrimination. «Ils ont tous les éléments pour porter plainte devant cette instance», affirme-t-il. Jordan Chendrayah sera aidé dans sa démarche par le Collectif Arc-en-Ciel.

«Nous condamnons fermement cette politique. Certes, la boîte a le droit de contrôler l’accès, mais pas sur la base de l’orientation d’un individu», déclare Aschwin Ramenah, manager du Collectif Arc-en-Ciel. D’ailleurs, l’ONG a lancé un appel à témoins pour tous ceux qui ont déjà fait face à une situation similaire. Depuis, les témoignages pleuvent.

Aschwin Ramenah précise qu’à Maurice, la discrimination dans les boîtes de nuit ne se fait pas uniquement sur la base de l’orientation sexuelle. Le Collectif Arc-en-Ciel a recueilli plusieurs témoignages de personnes qui n’ont pas été acceptées car elles étaient «de couleur». Le Collectif a fait parvenir une lettre à la direction de la boîte de nuit mercredi 22 août pour solliciter une rencontre et discuter de cette politique sur les droits d’entrée.

Néanmoins, d’autres lieux n’ont pas les mêmes critères d’admission. Par exemple, à Kaz Poz, le responsable des lieux a expliqué que le genre ou l’orientation des clients ne les intéressent pas. «Il faut juste respecter le code vestimentaire, qui est casual smart. Si quelqu’un est en short et sandales, qu’il soit hétéro ou homo, il ne sera pas autorisé à l’intérieur.» D’autres lieux, dans l’Ouest, ont la même politique.

Pub vs discothèque

«Il faut faire attention. On parle de deux choses différentes : boîtes de nuit et pubs. Évidemment que les critères ne seront pas pareils», avance un habitué de la nightlife. Pourquoi ? Il estime que dans un pub, les gens viennent pour passer un moment entre amis et, de ce fait, la parité des sexes n’a pas trop d’importance.

Dans une boîte de nuit, en revanche, l’ambiance est autre et il y a plus de promiscuité. De ce fait, un équilibre entre les hommes et les femmes est requis. «Maintenant, si on commence à laisser entrer les homos et pas les hommes hétéros, il se passera quoi ?» demande-t-il.

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