Chagos: «pris par des engagements», le Premier ministre ne sera pas présent à La Haye

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Le Premier ministre aux côtés du Cabinet et d’Olivier Bancoult, était face à la presse ce vendredi 24 août.

Le Premier ministre aux côtés du Cabinet et d’Olivier Bancoult, était face à la presse ce vendredi 24 août.

Ce n’est que le 6 septembre, soit le dernier jour des interventions orales, qu’il se rendra à La Haye. «Pris par ses engagements», le Premier ministre ne pourra assister aux premières auditions orales devant la Cour internationale de justice (CIJ), à partir du 3 septembre.

C’est ce qu’a annoncé Pravind Jugnauth, ce vendredi 24 août, face à la presse. Le Cabinet au complet était présent, ainsi que des Chagossiens, dont Olivier Bancoult, leader du Groupe réfugiés Chagos.

«J’aurais bien aimé diriger la délégation mauricienne durant toute la durée des soumissions orales à La Haye», a confié le Premier ministre. En son absence, dit-il, c’est le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth (SAJ), qui sera à la tête de la délégation. D’ailleurs, il fera l’«opening statement» de Maurice devant la CIJ, le 3 septembre.

C’est Maurice, en effet, qui interviendra en premier devant la CIJ. Le chef du gouvernement explique que 160 minutes (soit de 10 h – 13 h) ont été allouées à la délégation mauricienne, qui comprendra outre SAJ, des avocats, Senior Officials et, surtout, des Chagossiens. L’Angleterre interviendra juste après. «Toutes les interventions seront retransmises en direct sur le site de la CIJ et la web TV des Nations unies», souligne Pravind Jugnauth.

«Okenn somme d’argent ni okenn exkiz piblik de l’Angleterre napa pou kapav fer séki ilégal vinn légal.»

Le Premier ministre rappelle que l’Assemblée générale de l’ONU a demandé à la CIJ de donner un avis consultatif sur deux questions. En l’occurrence :

  1. Est-ce que le processus de décolonisation a été fait légalement lorsque Maurice a obtenu l’indépendance en 1968 alors que les Chagos ont été détachés du territoire mauricien en 1965 ?
  2. Quelles conséquences légales de l’administration des Chagos par l’Angleterre, ainsi que l’impossibilité des Chagossiens de retourner vivre sur l’archipel.

Pour le Premier ministre, il ne fait aucun doute que le détachement de l’archipel des Chagos a été fait en violation du droit international, dont la resolution 1514 qui interdit le démantèlement d’un territoire avant son indépendance. Pravind Jugnauth réitère l’engagement du gouvernement à faire en sorte que «les Chagossiens puissent retourner vivre aux Chagos dès que possible». D’ailleurs, fait-il ressortir, «n’importe quel Mauricien doit avoir le droit de se rendre dans n’importe quelle partie du territoire mauricien».

Et le chef du gouvernement d’insister : «Okenn somme d’argent ni okenn exkiz piblik de l’Angleterre napa pou kapav fer séki ilégal vinn légal.»

Pravind Jugnauth devait toutefois de nouveau préciser que le combat que mène le gouvernement mauricien pour récupérer la souveraineté des Chagos ne remet nullement en question la présence d’une base militaire américaine à Diego Garcia. «Nous avons, à plusieurs reprises, reconnu publiquement cette base militaire.»

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Maurice a remporté une première bataille avec le vote de la résolution sur les Chagos à l’Assemblée des Nations unies le jeudi 22 juin. Une résolution adoptée avec 94 voix en faveur de la résolution, 15 voix contre et 65 abstentions. Prochaine étape : la Cour internationale de justice…

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