Yousuf Mohamed: «Ameenah Gurib-Fakim était résolue et déterminée»

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L’ex-présidente de la République s’est rendue pour la troisième fois en une dizaine de jours en Cour suprême pour son audition.

L’ex-présidente de la République s’est rendue pour la troisième fois en une dizaine de jours en Cour suprême pour son audition.

Qui dit vrai ? Devant la commission d’enquête sur l’ancienne présidente de la République, jeudi 23 août, Me Yousuf Mohamed, ancien avocat d’Ameenah Gurib-Fakim, a affirmé qu’il avait indiqué à cette dernière qu’elle devait avoir l’aval du Cabinet pour mettre sur pied sa commission d’enquête (NdlR, sur Álvaro Sobrinho et sur l’affaire Platinum Card, instaurée le 16 mars dernier). Pour l’homme de loi, l’ex-présidente était résolue et déterminée. Il a cité pour preuve les messages SMS envoyés par Ameenah Gurib-Fakim à Ivan Collendavelloo, où elle avait dit, entre autres : «now I will do it my way».

Ameenah Gurib-Fakim avait, elle, expliqué que l’homme de loi l’avait encouragé, mais d’un point de vue strictement tactique. Ce n’est cependant pas le seul point où les auditions sous serment de Me Yousuf Mohamed et de l’ex-présidente ne concordent pas...

«I have done it for tactical reasons», aurait lancé Ameenah Gurib-Fakim à Me Yousuf Mohamed le 16 mars. Et cela, après que l’homme de loi lui aurait demandé pourquoi elle avait déjà sollicité sir Hamid Moollan pour la présidence de sa commission d’enquête alors qu’il lui avait dit de «hold on». Car, selon l’avocat, c’est contre son avis que l’ex-présidente de la République a mis sur pied une commission d’enquête.

Il l’aurait découragée

En effet, la première fois qu’ils auraient abordé une telle option, soit le 15 mars, selon les dires de Yousuf Mohamed, il l’en aurait découragée. «I said ‘be careful because you have to go through Cabinet’. I remember because I have appeared in front of a commission before, as well as set up a commission of enquiry as a minister», a soutenu Me Yousuf Mohamed devant la commission d’enquête presidé par le juge Asraf Caunhye.

Pourquoi, donc, le junior de Me Yousuf Mohamed, Me Nadeem Hyderkhan, a-t-il aidé l’ancienne présidente à rédiger les attributions de sa commission d’enquête ? «She said that she insisted on drafting her own terms of reference. I took it for granted that she would go to Cabinet and suggest her own terms of reference», a expliqué Me Mohamed, en parlant de l’ancienne présidente.

En effet, le 16 mars, au matin, Me Nadeem Hyderkhan se serait rendu à la State House, pour rédiger ces attributions. Si l’ex-présidente a affirmé que ce n’est qu’après avoir contacté Me Yousuf Mohamed qu’il lui aurait envoyé son junior, l’homme de loi, lui, a soutenu que c’est ce dernier qui l’aurait contacté et pas Ameenah Gurib-Fakim.

Ce ne serait que dans le courant de la journée du 16 mars que le Senior Counsel a semblé se rendre compte de la détermination d’Ameenah Gurib-Fakim, bien qu’il n’a pas mentionné comment, ni à quel moment, l’ex-présidente ne souhaitait pas obtenir l’aval du Cabinet.

Autre point non-concordant : une rencontre entre les deux, le 15 mars. Lors de son audition, Ameenah Gurib-Fakim a expliqué qu’elle aurait rencontré Me Yousuf Mohamed pour la première fois le 14 mars, et que vers la fin de la rencontre, elle aurait mentionné la mise sur pied d’une commission d’enquête. Me Mohamed, lui, a souligné qu’ils se seraient rencontrés les 14 et 15 mars, et qu’elle n’aurait abordé le sujet de la commission d’enquête que lors de la seconde rencontre. D’ailleurs, si Ameenah Gurib-Fakim a affirmé que l’homme de loi n’a pas réagi lorsqu’elle lui en a parlé en premier, lui dit qu’il l’aurait tout de suite découragée…

Me Yousuf Mohamed se serait, semble-t-il, contredit, lors de son audition. En effet, il a affirmé d’abord n’avoir jamais parlé à Me Gilbert Noël sur une éventuelle commission d’enquête. «I did not consider the email received by Mr Gilbert Noël on the 16th regarding terms of reference. I preferred to communicate with Nadeem Hyderkhan», a-t-il affirmé. Plus tard, toujours pendant l’audition, il a poursuivi cependant que Me Gilbert Noël l’aurait appelé plus tôt ce même jour et qu’ils auraient discuté de la constitutionnalité de cette fameuse commission d’enquête.

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Un nouveau scandale défraie la chronique depuis le mercredi 28 février à Maurice. Cette fois-ci cela concerne ni plus ni moins la garante de notre Constitution, son excellence Ameenah Gurib-Fakim, présidente de la République. Elle a dépensé plusieurs centaines de milliers de roupies pour des achats personnels, entre autres, sur une carte de crédit Platinum offerte par la Planet Earth Institute, la fondation d’Álvaro Sobrinho, homme d’affaires angolais hautement controversé. Retrouvez tous les articles concernant cette affaire dans notre dossier spécial : Platinum Card. Une enquête exclusive de l’express.

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