Travaux à Agalega: éliminée pour le Metro Express, la compagnie Afcons rafle le contrat ?

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Capture d’écran du site de la compagnie Afcons. La firme indienne, «sister company» du géant Shapoorji & Pallonji, «invite à un dialogue ouvert et honnête»...

Capture d’écran du site de la compagnie Afcons. La firme indienne, «sister company» du géant Shapoorji & Pallonji, «invite à un dialogue ouvert et honnête»...

Elle refait parler d’elle. Après avoir été éliminée au profit de Larsen & Toubro pour mettre sur rails le Metro Express, la compagnie Afcons Infrastructure Limited s’était faite discrète. Cependant, à l’Hôtel du gouvernement, on indique que cette entreprise indienne, «sister company» du géant Shapoorji & Pallonji, aurait décroché le contrat des travaux à Agalega. Le montant pourrait dépasser les Rs 3 milliards.

La construction d’une jetée «world class» et d’une piste d’atterrissage, entre autres, sera financée par l’Inde. Dans les milieux proches du dossier, on fait valoir que les travaux auraient déjà commencé. Plus particulièrement, les premiers tests ont été menés.

Interrogé le mercredi 22 août par l’express, à Mumbai, le vice-président d’Afcons Infrastructure Limited, Arvind Sagar, n’a pas nié l’information mais n’a pas voulu faire de commentaire. «Il s’agit d’un dossier hautement confidentiel. Nous ne ferons aucun commentaire», a-t-il répondu. Le haut-commissariat indien à Maurice a également refusé de se prononcer. «Je n’ai aucune connaissance de ce dossier», a indiqué un responsable. Également sollicité, le Prime Minister's Office n'a pas répondu à nos appels mais jusqu'ici, personne n'a démenti qu'Afcons ait bel et bien approché  des compagnies mauriciennes pour les premiers coups de pioche à Agalega.

Craintes réelles

Depuis l’annonce de ces travaux, les contestations vont bon train. Le point qui fait tiquer: la création d’une éventuelle «base militaire» à Agalega. Des craintes qui sont toujours réelles malgré l’assurance donnée par le Premier ministre, lors d’une conférence de presse, le 15 mars.

Par ailleurs, Pravind Jugnauth a refusé de rendre publics les détails du contrat entre l’Inde et Maurice. Selon le Detailed Engineering Design Report, commandé par les autorités indiennes, parmi les facilités prévues dans l’île figurent la construction d’une nouvelle piste de 3 km de long, pouvant accueillir des moyens porteurs (Boeing 737-900 et Airbus 321) ; une jetée pour l’accostage de navires de 149 mètres de long, ayant un tirant d’eau de 9 mètres, la construction d’une tour de contrôle, d’un hangar, d’un passenger terminal et d’une cellule de dessalement d’eau de mer, de même que les installations électriques, de canalisations d’eau et de tout-à-l’égout.

Accord «top secret»

Ce Detailed Project Report avait été approuvé l’année dernière par le Joint Project Monitoring Committee, co-présidé par le ministre des Collectivités locales et le haut-commissaire indien. Si le gouvernement a réfuté à plusieurs reprises le projet de base militaire indienne à Agalega, un doute subsiste, selon Arnaud Poulay, secrétaire général de l’Agalega Partnership Association, car l’accord est toujours classé top secret.

Mais selon des informations disponibles du côté de la Grande péninsule, pour l’heure, les infrastructures qui seront mises sur pied à Agalega devraient surtout être utilisées à des fins hydrographiques. «Maurice compte une Zone économique exclusive d’une grande étendue et est dépourvue de défense militaire. Ces infrastructures peuvent aider.» La présence de l’Inde dans les eaux mauciennes ne peut qu’être bénéfique aux deux nations, sachant surtout que des pirates somaliens sont présents dans l’océan Indien…

Toutefois, au sein de la communauté des Agaléens, on veut croire en ces projets de développement. «Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons aucun élément qui démontre que notre île sera transformée en une base militaire», fait comprendre un représentant. Cela fait 25 ans que plusieurs promesses ont été faites aux presque 300 Agaléens.

«Si ces infrastructures apportent du progrès, nous serons heureux. Nous passons par des épreuves difficiles. Pour une simple fracture au bras, nous restons bloqués pendant des mois à Maurice, en attendant le prochain navire vers Agalega. Les jeunes qui finissent l’école n’ont aucun avenir dans l’île. Maurice n’a rien pu faire pour nous aider pendant toutes ces années.»

Des représentants d’Agalega auraient déjà entamé des discussions avec le haut-commissariat indien à Maurice. Un certain nombre de points auraient été agréés pendant que les travaux ont lieu dans l’île. À l’instar de l’emploi des Agaléens sur les chantiers ou encore que ce soit eux qui fournissent la nourriture aux étrangers pendant la durée des travaux. «Au final, il faut que la communauté agaléenne soit gagnante.»

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