SBM: Sridhar Nagarajan fortement pressenti pour remplacer Raj Dussoye

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La deuxième institution bancaire du pays a été durement secouée après l’octroi de deux prêts non-performants.

La deuxième institution bancaire du pays a été durement secouée après l’octroi de deux prêts non-performants.

Le poste laissé vacant par le départ de Raj Dussoye à la tête de la State Bank of Mauritius (SBM) ne demeurera pas longtemps sans locataire. Les manœuvres ont déjà commencé au bâtiment du Trésor pour trouver son successeur à la SBM Tower.

Plusieurs noms sont cités, dont celui de Sridhar Nagarajan, l’actuel Chief Executive Officer (CEO) de la MauBank. Il serait pressenti pour occuper ce poste après l’intérim de PV Rao comme Officer-in-charge. Une ligne de communication a été ouverte entre le bâtiment du Trésor et la Banque de Maurice pour présélectionner une brochette de candidats ayant le profil professionnel pour remplir ce poste.

«On veut ‘gamble’ avec cette banque qui après 45 ans est devenue une fierté nationale capable de rivaliser avec de grosses pointures à Maurice et dans des pays de la region.»

Étant l’actionnaire majoritaire de cette banque, l’État a décidé de privilégier le recrutement d’un CEO opérant à Maurice, un banquier professionnel ayant déjà à son actif le redressement d’une banque. D’où le choix de Sridhar Nagarajan pour rétablir cette banque fortement fragilisée suivant les deux prêts, totalisant plus de Rs 5,7 milliards, octroyés à des clients du segment 2 (international) de la banque, nommément au Kenya et à Dubaï, dont au moins le second s’est par la suite avéré non-performant.

Ce challenge, l’ex-patron de la Standard Chartered Bank l’a connu en janvier 2016, à la tête de la MauBank, fruit d’une fusion entre l’ex-MPCB et la National Commercial Bank créée pour remplacer l’ex-Bramer Banking Corporation. Il s’est employé à la MauBank à «turnaround» (NdlR, renverser la tendance) les opérations pour la faire renouer avec la profitabilité après un endettement massif lié aux gros prêts non-performants contractés, entre autres, par l’homme d’affaires Rakesh Gooljaury.

Pravind Jugnauth, qui suit de près les effets du séisme qui vient d’ébranler la SBM Tower, veut vite stopper la perte de confiance, voire de crédibilité, dont souffre l’établissement bancaire ces dernières semaines. Pour cela, il veut rassurer les 18 000 actionnaires et 1 889 employés en coupant court à toute spéculation sur le profil du successeur de Raj Dussoye.

«S’il y a des sanctions à prendre, il reviendra au board de la SBM de prendre les décisions qui s’imposent.»

Interrogé, Sridhar Nagarajan, dont le patronyme n’est pas étranger à cette banque ni à certains employés – un autre Nagarajan y était directeur général en 1985 – n’a pas souhaité commenter cette information. «Ce sont des rumeurs que je ne commente pas.» 

Dans son entourage, on laisse entendre qu’il se voit difficilement accepter cette offre. D’autant qu’il n’a pas complété sa mission, soit de trouver un repreneur pour

MauBank afin que l’État puisse recouvrer les milliards qui y ont été investis.

Entre-temps, à la SBM Tower, les directeurs ainsi que certains hauts cadres ont les yeux braqués sur la BoM Tower, plus particulièrement sur le bureau du Second Deputy Governor Vikram Punchoo, au 16e étage, qui doit théoriquement entrer en possession du rapport d’EY (Ernst&Young) à la fin de la semaine. Ce rapport fait suite aux résultats de l’enquête interne instituée par la Banque centrale pour établir si les procédures pour l’octroi d’un prêt de Rs 4,8 milliards à Pabari Investments ont été respectées, tout en situant les responsabilités de ceux qui se seraient rendus coupables de manquements par rapport à cette transaction.

Lundi 20 août, à l’issue de la réunion du Monetary Policy Committee, Vikram Punchoo, pressé de questions, a laissé entendre que la BoM agira sur la base des conclusions de cette enquête. «S’il y a des sanctions à prendre, il reviendra au board de la SBM de prendre les décisions qui s’imposent.» Et d’ajouter que ce n’est pas le rôle de la Banque centrale de se substituer aux opérations d’une banque concernant sa politique de prêts.

Pour le moment, seul le CEO a pris la porte de sortie dans le sillage de cette affaire. On ne saura peut-être jamais les détails analysés par les membres du board de la SBM avec Raj Dussoye pour qu’il démissionne de son poste. Toutefois, dans l’opinion publique, il est perçu comme un bouc émissaire car on imagine mal que le dossier d’un prêt d’un tel montant ait été négocié et exécuté par une seule personne sans que les membres du Credit Committee ou du Risk Committee n’aient eu leur mot à dire.

Aujourd’hui, il y a de la colère chez les actionnaires et les clients qui croient, avec raison, que certains au sommet de la SBM Tower sont en train de démolir cette banque. «On veut ‘gamble’ avec cette banque qui après 45 ans est devenue une fierté nationale capable de rivaliser avec de grosses pointures à Maurice et dans des pays de la région», analyse un ancien banquier. Pour lui, «l’acquisition de quelques canards boiteux au Kenya ne suffira pas pour faire croître exponentiellement les revenus du groupe ou encore pour doubler ses actifs entre 2015 et 2020 comme défini dans son plan stratégique».

D’ailleurs, le Group CEO, Andrew Bainbridge, a été explicite dans la dernière Analyst Meeting de la banque. L’objectif de doubler les actifs ne constitue pas une priorité pour le groupe bancaire. Autant de défis qui attendent le nouveau CEO.

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