Entreprises: Zoom sur de nouveaux adhérents au Made in Moris

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Milait, Grafitag, Saveurs Végétales et Café de Chamarel. Quatre noms, tous d’horizons différents mais un point commun: ils font partie des 12 nouveaux adhérents au Made in Moris, label déve-loppé par l’Association of Mauritian Manufacturers depuis cinq ans. Parmi les autres labellisés l’on trouve l’application mobile Discover Mauritius, ENL Agri avec ses légumes de la marque Field Good, Omnicane avec son sucre Kara, Chelvan Furniture, Valérie Padayachy avec son livre Ca-mille à l’île Maurice, The Prophecy, Bigg Frankii et le vinaigre de Médine. Tour d’horizon des entre-preneurs qui portent désormais le logo en forme d’empreinte de Maurice.

Milait : ‘artisans’ laitiers

Ramnish Gowreesunker, ne comptait pas suivre les pas de son père. Ayant fait des études en in-génierie, il a pourtant décidé de reprendre l’entreprise familiale avec son frère Yugnesh à sa mort en 2008. Spécialisée dans la fabrication de produits laitiers, Island Milk and Allied Products est de-puis peu passée à une nouvelle étape de son développement en adhérant au Made in Moris. «Pour nous, il s’agissait surtout de nous démarquer en adhérant à un label qui est synonyme de qualité», explique Ramnish Gowresunkur. Basée à Petit-Raffray, l’entreprise qui commercialise des produits laitiers sous la marque Milait a démarré ses activités vers 2005 sur une superficie de 20 mètres carrés. Aujourd’hui, sa production s’étend sur 300m², le tout en mode semiautomatisé avec six employés. «Nous avons commencé par produire du lait caillé en format d’un litre. Nous avons par la suite élargi notre gamme avec du «rasmalaï» aux œufs, du «fenus» et du «sagou au coco», poursuit Ramnish Gowreesunker. D’ajouter que l’entreprise s’est récemment lancée dans la production de lait au badam (NdlR, amandier d’Inde) et à la pistache et du lait au sagou. Les jeunes entrepreneurs de 30 et 34 ans respectivement ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Les produits Milait se trouvent depuis peu à Rodrigues. La PME n’exclut pas non plus la possibilité d’entrer sur le marché extérieur, notamment dans la région océan Indien. «Nous voulons continuer à fabriquer des produits traditionnels avec, comme gage de qualité, le label Made in Moris», sou-tient Ramnish Gowresunkur.

Grafitag promeut la culture et l’écologie

«Exprim twa kouma to contan, zoli vwayaz, glason rape…», autant de slogans en créole mauricien que l’on retrouve sur les produits de Grafitag, petite entreprise en pleine ascension située à Palma. Lancée par Kewin Kotadoo et Émilie Minator , Grafitag table sur l’expertise de deux jeunes talents tout droit sortis du monde du design. «Kewin et moi sommes complémentaires, lui étant Graphic Designer et moi Fashion Designer», explique Émilie Minator. Un duo de choc qui fait fureur depuis ses débuts en 2013 avec le lancement de sacs en coton réutilisables, fruit d’un effort écologique né lors de l’abolition des sacs en plastique non-biodégradables à Maurice durant cette période. À

cette époque, Émilie et Kewin créent leur page facebook Coton Ecobag, élément qui a vite fait de faire connaître leurs sacs écologiques à l’allure trendy et design.

«Pour notre première collection, nous avons eu l’apport de l’hôtel Azuri qui nous a approchés dans le cadre du Marché de l’Indépendance. Nous nous sommes dit pourquoi ne pas tenter le coup ?», raconte notre interlocutrice. Une décision qui s’avère payante puisque touristes et Mauriciens suc-combent aux produits de Grafitag. La petite entreprise en profite alors pour mon- ter ses collec-tions en fonction des foires et autres évènements qui se déroulent au cours de l’année. Outre les hôtels, Grafitag a également vendu ses produits à So’Flo. Mais leur page facebook demeure un moyen de communication et de promotion efficace pour garder contact avec la clientèle tout au long de l’année, qu’ils participent à des marchés ou pas.

Après les sacs en coton, Grafitag s’est aussi lancée dans la création de carnets, tabliers ou encore de trousses en tissu, toujours avec des slogans en créole. L’utilisation du créole mauricien sur la plupart des produits n’est pas un hasard. «L’idée est de promouvoir la langue créole qui fait par- tie de notre culture. Nous mettons également certaines phrases en anglais sur nos produits mais nous préférons le créole car c’est notre langue à tous», soutient Émilie Minator. Entrer dans le Made in Moris est pour le couple d’entrepreneurs une marque de reconnaissance pour la qualité de leur travail, de la conception à la réalisation. Si, pour l’heure, ils sont seuls à fabriquer leurs pro-duits, Kewin Kotadoo et Émilie Minator caressent le rêve d’avoir un atelier où ils pourront à la fois employer des gens et accueillir leurs clients. Pour l’heure ils préparent une nouvelle gamme de produits, cette fois-ci en bois, tels que des aimants, des sous-verres et des souvenirs, toujours très «morisien».

Saveurs végétales : de l’exportation au marché local

Commencer par le marché extérieur avant d’effectuer un retour aux sources sur le marché local. C’est en résumé le parcours atypique que suit actuellement l’entreprise Saveurs Végétales Ltd, société qui exporte des samoussas, rouleaux de printemps ou encore de la pâte de ‘bonbon pi-ment’ sous la marque Sariva. Parlant du parcours de l’entreprise, Sanit Seebaluck, le directeur, affiche le sourire. C’est que les choses marchent plutôt bien pour Saveurs Végétales. «Nous ve-nons de lancer de nouveaux produits, notamment des samoussas sucrés à la banane ou encore à la papaye», explique-t-il, le tout destiné au marché réunionnais et français.

Tout comme ses produits innovants et son parcours peu ordinaire, l’arrivée de Sanit Seebaluck comme directeur de Saveur Végétales est tout aussi incroyable. En 2012, alors que l’entité est sous receivership, ce comptable de formation avait pour mission de trouver un repreneur à l’entre-prise qui portait un autre nom à l’époque. Faute de n’avoir trouvé aucun acquéreur et suivant la demande des employés qui voulaient préserver leur emploi, le comptable décide de reprendre l’entreprise lui-même. Depuis, Saveurs Végétales Ltd n’a cessé de s’améliorer. «Le plus important, c’était d’être aux normes afin de satisfaire les critères d’exportation sur nos marchés», explique le comptable-entrepreneur. Résultat : l’entreprise parvient à obtenir la certification HACCP ou encore halal.

Outre le marché réunionnais et français, elle a aussi débuté une percée sur le marché australien.Aujourd’hui, elle vise également le marché dubaïote pour son segment export. Après son parcours hors de Maurice, Saveurs Végétales s’apprête à présent à desservir le marché local, histoire de proposer une alternative locale de qualité à des produits que l’on importe. Une fois de plus, Sanit Seebaluck se lance dans une réflexion stratégique pour se faire connaître sur le marché local. «Le Made in Moris est très connu ici et c’est un gage de qualité», avance-t-il. Étant déjà aux normes, c’est sans difficulté qu’il intègre le label Made in Moris.

Café de Chamarel : patrimoine local

C’est le seul café fabriqué localement. Produit depuis 50 ans sur l’île, la réputation du Café de Chamarel n’est plus à faire. Étant le seul café planté, récolté et torréfié sur l’île, adhérer au Made in Moris était donc une évidence, explique Fanny Rengasamy, Sales and Development Executive de la compagnie sucrière de Bel Ombre (CSBO), entreprise responsable de la fabrication du café. «Nous avons adhéré au label surtout parce que le café de Chamarel est un produit du terroir, c’est le seul café à être produit de A à Z à Maurice, ce qui est tout à fait dans l’esprit du Made in Moris», soutient-elle. D’ajouter que cette adhésion relève aussi d’une conviction que le label est là pour promouvoir le savoir-faire local, aspect qu’il faudrait davantage mettre en avant selon notre interlo-cutrice.

Les caféiers Arabica sont cultivés à 280 mètres d’altitude sur les reliefs volcaniques de Chamarel. Le café est vendu dans quelque 150 points de distribution à travers le pays, dont les supermar-chés, épiceries fines ou encore à l’aéroport. Après son adhésion au Made in Moris, notre café de-vrait faire l’objet de plusieurs projets à l’avenir, laisse entendre Fanny Rengasamy. «Nous travail-lons actuellement sur un projet de ‘Coffee Tour’. Ce qui permettra au grand public de découvrir le café de Chamarel et d’en savoir plus sur sa production», explique notre interlocutrice. D’ajouter que l’entreprise souhaite profiter du «buzz» qu’il y a autour du café à travers le monde actuelle-ment afin de mieux promouvoir ce produit qui relève plus du patrimoine que du produit de consom-mation.

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