Facettes cachées :Ram Mudhoo, un professionnel aux grandes ambitions pour son pays

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Ce formateur en soins intensifs néonataux, qui est aussi thérapeute respiratoire au ministère de la Santé, vient d’être nommé directeur de la World Federation of Pediatric Intensive and Critical Care Societies. Il rêve de faire de Maurice le pionnier en développement de soins intensifs néonataux et pédiatriques pour d'autres pays d'Afrique et du Moyen-Orient.

Vous venez d’être nommé Director for African and Middle East Region for World Federation of Pediatric Intensive and critical care Societies Council à Genève. Quelle est la durée de votre mandate et quel sera votre rôle en tant que directeur ? 

La durée de mon mandat est de quatre ans et renouvelable tous les deux ans en fonction de ma contribution à la mise à niveau et au développement dans le domaine des soins intensifs néonataux et pédiatriques. En fait, j’ai été choisi en fonction de mes années d’expérience et mes compétences dans ce domaine car j’ai pu améliorer et développer le service néonatal à Maurice et dans d’autres pays en développement. Il y a eu des changements majeurs dans les techniques de ventilation néonatale et de maintien avancé de la vie pour sauver la vie et la qualité de vie des bébés gravement malades.  Nous étions en retard par rapport à la ventilation néonatale et, avec la formation offerte aux pédiatres et aux autres médecins en la matière, la pratique a connu un changement très positif et appréciable depuis 2011. Des professionnels de santé de Maurice et d’ailleurs ont reçu une formation et celle-ci a aussi été dispensée dans les hôpitaux aux États-Unis. En devenant directeur de cette fédération mondiale, je dois effectuer une analyse de la situation dans chaque pays de la région Afrique et Moyen-Orient et voir quelle est la pratique en vigueur dans le domaine des soins intensifs néonataux et pédiatriques. Ensuite, je dois concevoir un plan stratégique pour chaque pays, car le niveau de services fournis dans le domaine des soins intensifs néonataux et pédiatriques n'est pas le même partout. Et puis, l'aide et le soutien dont chaque pays a besoin peuvent être différents et être présentés sous différents aspects. Maurice continuera également à bénéficier de notre soutien gratuit et de notre aide dans ce domaine de pratique. Une équipe de Singapour, qui était déjà venue en 2015, reviendra cette fois pour soutenir le développement de l'Unité des Soins Intensifs néonataux nationale, ainsi que l'ouverture de la première Unité de Soins Intensifs pédiatriques à Maurice et ce, en termes de formations et de bourses pour le personnel médical et infirmier. Ils développeront également un programme d'études supérieures différent pour les médecins qui sont déjà formés en soins intensifs néonataux. Ils sont également disposés à fournir un soutien gratuit dans différents domaines médicaux, de manière à développer davantage les services de soins de santé offerts. Des offres favorablement accueillies par le gouvernement mauricien et un Memorandum of Understanding sera signé prochainement à cet effet. Nous pouvons faire de Maurice le pionnier en développement de soins intensifs néonataux et pédiatriques pour d'autres pays d'Afrique et du Moyen-Orient.

Est-ce à dire que vous serez oblige de vous installer en Suisse ? 

Non, mais il faut parfois aller assister à des réunions et, comme de nos jours, on a l'Internet, il est facile de faire une conférence vidéo sur Skype.  J'aime mon pays et je crois avoir les connaissances et les compétences voulues que je peux mettre à son service.  Je dois avouer que j'ai eu plusieurs offres d'emploi à l’international mais mon objectif est d'apporter le plus possible à mon île.

Que faites-vous durant votre temps libre et durant les week-ends ? 

En fait, je ne suis pas aussi libre car je suis on call 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pour des urgences néonatales dans les cinq hôpitaux régionaux. Comme j'ai formé de nombreux membres du personnel médical et infirmier de l'unité de soins intensifs néonataux, je ne dois pas me déplacer pour toutes les urgences néonatales. Je peux même conseiller mes collègues par téléphone. Ils sont compétents car ils sont formés dans le domaine.  Lors de cas difficiles, nous faisons un travail d'équipe et je donne des conseils.

Que faites-vous en week-end et durant votre temps libre ?

Quand je suis libre en week-end, je fais du volontariat en allant au chevet des malades du cancer en phase terminale; et de ceux qui ont eu un accident vasculaire cérébral. A ces derniers, j’essaie d’offrir des conseils de réadaptation neurologique afin qu'ils puissent retrouver leurs facultés et mener une vie normale. Il arrive aussi que je fasse la promotion de la fondation que j’ai fondée.

Parlez-nous de votre famille. 

En sus de mes parents qui sont à la retraite – mon père a 78 ans et ma mère 69 ans, j’ai cinq frères : Mahen, Sanjay, Yogesh, Saliesh et Syam qui est mon jumeau. Trois de mes frères sont mariés. J'ai un neveu et deux nièces. 

Cuisinez-vous ?

Oui mais cela dépend de l’heure où je rentre à la maison. Mais je le fais régulièrement.  

Gourmand ou gourmet ? 

Ni gourmand ni gourmet. Ma mère me taquine en me disant que j’ai un appétit d’oiseau car je ne mange pas beaucoup et parfois, je saute des repas. Elle ne comprend pas trop cette vie. Je suis végétarien mais je n’ai pas de plat préféré. Je mange simplement pour vivre.

Un péché mignon ? 

Je me permets parfois quelques pâtisseries sucrées.

Pratiquez-vous du sport ? Lesquels ? 

Je vais à la gym et je fais de la marche

Quels livres lisez-vous actuellement ?

Je suis toujours accroché à mes livres médicaux.

Qu’écoutez-vous à la radio ? 

Aucune préférence.

Et la télévision ? 

Des documentaires sur la Wildlife et sur l’histoire.

Quel type de musique écoutez-vous ? 

Les evergreens occidentaux car pour moi, old is gold (rires)  et les musiques de Bollywood.

Pour vous, c’est quoi le bonheur ? 

Le bonheur, c’est la quiétude que l’on ressent lorsqu’on a pu sauver la vie d’un bébé. Et lorsqu’on a réussi à faire l’équilibre entre nos vies professionnelle, personnelle et sociale.

Qu’auriez-vous souhaité réaliser avant de quitter ce monde ?

J’aurais souhaité apporter un peu de bonheur à un maximum de personnes et aider les gens à se réaliser. J’aspire aussi à une tranquillité d'esprit supérieure.

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