«To Fam Souper»: Tony Jah et son succès controversé

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De l’anonymat, il a été propulsé sur le devant de la scène avec deux «chansons» en l’espace de deux mois. Tony Piron, connu comme Tony Jah, fait le buzz actuellement. En effet, le jeune homme a trouvé un public inattendu sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, quand on l’a rencontré, lundi, au centre communautaire de Cité La Cure, il n’hésite pas à entonner : «To fam souper, lakrem sokola…»

Ces paroles, on les entend partout,dans les rues, les bureaux, les écoles. Le public a vite fait d’oublier «toujours mo pé la», qui avait aussi fait le buzz il n’y a pas si longtemps. Les deux vidéos de Tony Jah ont, elles, été visionnées quelques centaines de milliers de fois. Une célébrité soudaine qui ne fait pas que des heureux…

«Polluer la musique locale»

Car si Tony Jah a pu trouver un public friand de sa musique, qui apprécie son humour et sa légèreté, sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes fustigent sa notoriété «peu légitime». Ce qu’on lui reproche : un manque de talent, traduit par des paroles simplistes, peu profondes et un manque de créativité. Puisque pour ses deux «titres», Ahan et To fam super, il a grandement pioché dans des sketchs de Freeman, Koulev et Mové Zer, sortis en 2007, alors qu’il n’avait même pas 10 ans. En bref, on l’accuse de faire de la «daube» qui pollue la musique locale.

Contacté, Robert Albert, de la troupe Freeman, n’a, lui, rien à reprocher à Tony Jah. Au contraire, déclare-t-il, «tou dimounn pé réviv Freeman. Mo pa trouv li enn zafer pa bon». Il confirme, par ailleurs, que le jeune a obtenu leur autorisation pour utiliser leurs répliques avant la commercialisation de ses titres. «Larzan pa enn priorité, nou, nou res sinp.»

Tony Jah, de son côté, n’a que faire des commentaires négatifs. À 19 ans, il concède volontiers que même lui ne pouvait prévoir un tel engouement autour de ses impros transformées en chansons. Depuis, il est sollicité de toutes parts, dit-il. Rien que le week-end dernier, il a enchaîné les soirées : boîtes de nuit, concert d’Afro Beat 2, Fancy Fair, anniversaire… Ce que confirme sa mine défraîchie, lorsque nous l’avons rencontré, en début de semaine.

De sa première fois sur scène, il garde un heureux souvenir. «Dimounn ti pé sant mo santé avan mem mo mont lor lasenn. Sa inn fer mwa plézir», déclare-t-il timidement. De poursuivre qu’«avan, personn pa ti pé koz ek mwa, aster-la, enn ta dimounn konn mwa ek vinn koz avek mwa».

Lui, qui ne se serait jamais imaginé chanteur, admet que s’il commence à se faire connaître, c’est grâce à ses amis, particulièrement Miguel Nadal, son beat maker et manager, un an à peine plus vieux que lui. Aujourd’hui, du coup, il se permet de rêver d’une carrière musicale.

Les projets, d’ailleurs, ne font pas défaut. Celui qui figure sur l’album Révélasyon 2018 prévoit bientôt un prochain titre, To labous dou. «Li’nn paré pou fer enn album 8 a 10 santé ziska oktob», révèle aussi Miguel Nadal. Histoire que Tony Jah assoit son nouveau titre de «chanteur». Et comme ce dernier joue de la ravanne, il a l’intention d’animer une soirée de sega typique spéciale également. «Gramatin tanto mo fer lamizik, mo aprann», affirme-t-il, déterminé à profiter de cette vague de popularité.

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