Gaëtan Sophie: la musique un peu, beaucoup, passionnément

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Gaëtan Sophie et Trivita Mathoora en plein apprentissage.

  Gaëtan Sophie et Trivita Mathoora en plein apprentissage.

Gaëtan Sophie est musicien depuis plus d’une trentaine d’années. Cela fait neuf ans qu’il partage sa passion pour la musique dans son école baptisée l’Atelier de Musique Gasop à Petite-Rivière. À son actif, cet homme de 52 ans compte aussi trois albums de gospel.

S’il aime autant la musique, c’est que Gaëtan Sophie a grandi avec des frères aînés qui jouaient d’un instrument et qui faisaient de l’animation lors des fêtes et mariages. «Je viens d’une famille où mes frères aînés faisaient de la musique. Au début, je me contentais de les écouter mais ensuite, vers l’âge de 17 ans, le déclic s’est produit. C’est là que je me suis mis à apprendre le solfège.»

Ses frères ont enregistré leurs morceaux mais à l’époque, Gaëtan Sophie voulait mieux connaître la musique et maîtriser les instruments. «Après l’école, j’ai exercé plusieurs petits boulots, tout en sachant au fond de moi que je voulais faire de la musique ma profession», raconte-t-il.

Pendant quelques années, Gaëtan Sophie apprend à manier différents instruments. Et c’est dans l’enseignement qu’il va trouver sa place. «J’ai commencé à enseigner la musique dans une école privée. En toute honnêteté, même si c’était très gratifiant d’enseigner la musique aux jeunes, la façon dont c’était fait ne me laissait pas le temps pour enseigner autre chose que ce qui relève de l’académique. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai fondé mon école», explique-t-il.

La musique étant une affaire de famille, les trois enfants de Gaëtan Sophie ont tous appris, si bien que l’une de ses filles enseigne aussi au sein de l’Atelier de Musique Gasop. Idem pour l’un de ses neveux, qui enseigne, lui, la batterie.

Ils sont plusieurs, de tous ages, à venir apprendre la musique

La particularité de cette école fondée en 2003 est qu’elle ne fait pas de sélection d’âge. Gaëtan Sophie répète fièrement que ses élèves sont âgés entre 4 et 77 ans et qu’ils sont tous là par passion. «Il n’y a personne qui soit trop vieux ou trop jeune pour apprendre la musique.»

«Souvent on entend dire que lorsque les enfants sont trop jeunes, ils sont ingérables et que lorsque les adultes sont trop vieux, ils ne sont plus aussi motivés à apprendre. C’est un mythe.»

D’ajouter : «Souvent on entend dire que lorsque les enfants sont trop jeunes, ils sont ingérables et que lorsque les adultes sont trop vieux, ils ne sont plus aussi motivés à apprendre. C’est un mythe. Je suis certain que chaque personne, quel que soit son âge, peut apprendre la musique quand et si elle le désire.»

Depuis plus d’un mois, l’une des élèves de Gaëtan Sophie représente un nouveau défi pour lui. Il a, en effet, été contacté par Trivita Mathoora, une jeune trentenaire habitant Nouvelle-France, passionnée de musique depuis son plus jeune âge mais qui souffre d’un handicap.

«Quand elle a pris contact avec moi, je lui ai expliqué ma méthode de travail et quand elle m’a dit qu’elle était aveugle et qu’elle avait essuyé des refus d’autres professeurs de musique à cause de son handicap, j’ai accepté de relever le défi. Depuis qu’elle fréquente l’école, nous jouons ensemble pour trouver la meilleure formule afin qu’elle puisse mieux apprendre la musique», confie Gaëtan Sophie.

Trivita Mathoora avance, de son côté, que cela fait des années qu’elle avait envie d’apprendre la musique et de jouer du piano, qu’elle trouve relaxant. Et lorsque Gaëtan Sophie a accepté de la prendre comme élève, c’était pour elle une aubaine et une opportunité unique.

«Nous nous sommes associés à l’École de la deuxième chance pour offrir aux jeunes défavorisés une occasion d’apprendre la musique.»

«Depuis que je suis toute petite, j’essaie de reproduire sur mon piano à la maison les mélodies que j’entendais», dit Trivita Mathoora. Désormais, elle est bien décidée à être une musicienne à part entière, capable de lire des partitions et connaître ses gammes. «Quand j’étais écolière et étudiante, j’ai dû me concentrer sur mes études uniquement. Le problème est qu’étudier lorsqu’on a un handicap comme le mien c’est difficile et souvent, nous ne sommes aidés que par nos proches.» Qu’importe, Trivita Mathoora soutient que «cela n’a pas entamé (sa) motivation».

L’école de musique de Gaëtan Sophie est également une école de dessin. Et il fait aussi partie de l’association la Mizik Richelieu pour les défavorisés. «L’école de musique étant payante, nous voulions tout de même donner la chance aux jeunes défavorisés de Richelieu d’apprendre la musique», fait valoir Gaëtan Sophie qui porte deux casquettes, celle de directeur de l’école et de président de l’association. «Nous nous sommes associés à l’École de la deuxième chance pour offrir aux jeunes défavorisés une occasion d’apprendre la musique.»

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