Condamné à la prison: Veer Luchoomun, qui voulait voyager, reste cloué au sol

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Veer Luchoomun voulait impérativement se rendre à Madagascar où il dit avoir deux entreprises.

Veer Luchoomun voulait impérativement se rendre à Madagascar où il dit avoir deux entreprises.

C’est ce vendredi 17 août qu’il aurait dû prendre l’avion. Du moins, si ses arguments avaient convaincu la cour intermédiaire. Or Veer Luchoomun, condamné à un an de prison pour possession de cannabis avec l’intention de distribuer, a essuyé un échec. La magistrate Adeela Hamuth a rejeté sa motion hier, jeudi 16 août.

Le frère de la politicienne Sandhya Boygah, qui a fait appel de sa condamnation, voulait «impérativement» se rendre à Madagascar du 17 août au 7 septembre. Expliquant qu’il y a deux entreprises et qu’il doit mettre à jour des machines.

Veer Luchoomun avait argué être le seul à détenir les mots de passe à insérer dans les machines. Ajoutant qu’il ne pouvait les remettre à une tierce personne. Alors que son épouse, pourtant actionnaire majoritaire des deux compagnies, ne «maîtrise pas ces technologies».

«Ayant réalisé le piège dans lequel il s’est mis, le demandeur a immédiatement ajouté que les machines étaient très compliquées et qu’il était le seul à disposer de l’expertise nécessaire pour s’occuper d’elles. Il a nié pouvoir guider sa femme dans les installations technologiques disponibles.»

L’avocate du parquet, Me Geetika Rampoortab, a fait ressortir qu’il pourrait très bien donner les mots de passe à une personne de confiance. Quitte à les changer par la suite afin d’éviter toute manipulation éventuelle des machines.

La magistrate Adeela Hamuth a, elle, été sceptique face aux arguments avancés par Veer Luchoomun. «Même s’il ne fait pas entièrement confiance aux ressortissants malgaches qui gèrent ses sociétés, on ne peut en dire autant de son épouse», devait-elle souligner.

Pour elle, «ayant réalisé le piège dans lequel il s’est mis, le demandeur a immédiatement ajouté que les machines étaient très compliquées et qu’il était le seul à disposer de l’expertise nécessaire pour s’occuper d’elles. Il a nié pouvoir guider sa femme dans les installations technologiques disponibles».

Cependant, en se basant sur les documents produits en Cour, la magistrate Adeela Hamuth note que l’épouse de Veer Luchoomun s’est rendue à Madagascar en 2015 et a participé à une réunion extraordinaire au cours de laquelle le transfert des actions a été effectué. «Le demandeur n’était pas présent lors de cette réunion. On ne peut donc pas dire que son épouse n’a qu’un rôle passif au sein desdites sociétés», poursuit-elle.

«En outre, je n’ai pas été convaincue par les dires du demandeur à l’effet qu’il est le seul à avoir l’expertise requise pour répondre aux exigences techniques des machines. Et que de telles activités ne peuvent être entreprises par un technicien ayant les compétences requises, sous la supervision de sa femme à qui il aurait pu confier les mots de passe…»

Ce n’est pas tout. La magistrate Hamuth fait ressortir que Veer Luchoomun a non seulement été condamné dans une affaire de drogue, mais qu’il fait aussi l’objet d’une accusation d’homicide involontaire suivant un accident survenu le 4 décembre à Forbach. «Cela constitue en soi un motif pour une personne de prendre la fuite…»

C’est le 28 mars 2011 que le frère de la députée Sandhya Boygah avait été arrêté à Rivière-du-Rempart. Il avait en sa possession 10,3 g de cannabis dissimulés dans un sac en plastique.

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