Task Force: «Pé kouyonn dimounn !»

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Le PM a présidé, hier, la réunion du comité interministériel institué suivant le rapport Lam Shang Leen.

Le PM a présidé, hier, la réunion du comité interministériel institué suivant le rapport Lam Shang Leen.

«Inacceptable !» La Task Force mise sur pied «pour enquêter sur tous les noms cités dans le rapport de la commission d’enquête sur la drogue» fait tiquer. Et plus exactement le choix du président de l’instance : Navin Beekharry, le directeur général de l’Independent Commission against Corruption (ICAC).

Le leader de l’opposition ne cache pas sa désapprobation. Xavier-Luc Duval affirme ne pas faire confiance à la commission anticorruption, qui serait, dit-il, «au service du pouvoir». «Quand on sait le nombre d’enquêtes bafouées dans le passé, on peut difficilement faire confiance à cette institution.» Selon lui, il aurait fallu qu’un juge d’instruction s’assure de la mise en œuvre des recommandations.

Shakeel Mohamed ne cache pas non plus son scepticisme. Il déplore le fait que la présidence de la Task Force ait été confiée à «quelqu’un perçu comme un nominé politique, un proche du MSM et qui n’a pas de security of tenure». Selon lui, Navin Beekharry «ne pourra enquêter sans craindre de perdre sa position». Ce qui lui fait dire que «cette démarche est vouée à l’échec». Sollicité, Paul Bérenger, est resté injoignable.

La Task Force est chargée de faire la coordination et «de rendre plus efficaces les enquêtes qui seront menées», a expliqué le Premier ministre, à l’issue de la première réunion du comité interministériel institué pour se pencher sur les recommandations du rapport Lam Shang Leen, hier. Enquêtes qui se feront «en toute transparence» et «sans ingérence politique», a insisté Pravind Jugnauth.

Navin Beekharry sera épaulé par le directeur général de la Mauritius Revenue Authority, Sudhamo Lal ; le directeur de la Financial Intelligence Unit (FIU), Guillaume Ollivry ; le commissaire de police, Mario Nobin ; le Deputy Solicitor General, Rajesh Ramloll ; et le directeur de l’Integrity Reporting Services Agency, Paul Keyton. Interrogé par la presse, Pravind Jugnauth a concédé que «la commission anticorruption ne jouit pas de l’estime de l’opposition». Soulignant, toutefois, que ce n’est pas le cas de la population.

Et qu’en pensent ceux qui seront appelés à travailler avec Navin Beekharry ? Si certains sont restés injoignables, d’autres ont préféré ne pas faire de commentaire.

Pour sa part, le directeur de la FIU a précisé qu’il travaille déjà en collaboration avec le principal concerné. «La commission anticorruption et la FIU sont complémentaires», explique Guillaume Ollivry, pour qui «Navin Beekharry est un professionnel qui compte beaucoup d’expérience».

L’ADSU pas démantelée

Pravind Jugnauth persiste et signe. Alors que la commission drogue a recommandé le démantèlement de l’ADSU, le Premier ministre a, de nouveau hier, face à la presse, félicité le travail «remarquable» de cette unité et du DCP Bhojoo. Il nous revient que les membres du comité interministériel, réunis hier, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur l’éventuel démantèlement de l’unité.

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