Pénurie de médicaments: Chacun se jette la pierre

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Pendant deux mois, une centaine de médicaments étaient introuvables sur les étagères des pharmacies.

Pendant deux mois, une centaine de médicaments étaient introuvables sur les étagères des pharmacies.

Au début du mois, plusieurs médicaments étaient introuvables en pharmacie. À qui la faute ? Les responsables se renvoient la balle.

«Graduellement, la situation se stabilise. Les médicaments reviennent progressivement sur le marché», rassure Arshad Saroar, président de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM). Si ce dernier se veut rassurant, il n’arrive pas à mettre le doigt sur la cause exacte de cette pénurie. Pour rappel, fin juillet une centaine de médicaments, allant de ceux contre la goutte aux antibiotiques, étaient introuvables sur le marché. Une pénurie qui a duré quasiment deux mois. «Je pense que le problème vient des fabricants des médicaments et non pas des frais d’enregistrement (NdlR : voir encadré) comme certains le pensent. Les laboratoires évoluent et certains fusionnent. Cela prend donc du temps pour changer la présentation des médicaments et puis, le marché mauricien est restreint en comparaison avec l’Europe et l’Afrique. Nous sommes en deuxième position et nous devons comprendre cela.»

Pour sa part, le Dr Ishaq Jowahir, généraliste et vice-président de la Private Medical Practioners Association, estime que bien que la pénurie ait été sévère le mois dernier, il s’agit là d’un phénomène récurrent. «Les médicaments sont comme les légumes quand ena pomme d’amour pena pomme de terre.» Ce dernier avoue ne pas savoir ce qui provoque cette pénurie. «Mais c’est une situation récurrente. Je pense que les importateurs devraient mieux faire leur travail. Ils savent quelle quantité de médicaments dont le pays a besoin et il convient d’en importer la quantité voulue. À titre d’exemple, si on a besoin de 500 Panadol, on n’en importe pas que 250.» Quid des frais d’enregistrement imposés depuis 2016 sur les médicaments ? Seraient-ils en cause ? «Je ne pense pas que le problème vienne de là, les frais d’enregistrement des médicaments existent dans d’autres pays», souligne-t-il.

La question de pénurie est à prendre avec des pincettes, soutient, de son côté, Siddique Khodabacus, président de la Small and Medium Pharmaceutical Importers Association. «Quand on dit pénurie, parle-t-on de pénurie de la marque de médicaments ou des molécules ? Car des génériques peuvent être utilisés en substitution.» Ce dernier n’est pas à court d’idées pour éviter des pénuries de médicaments dans l’Île. «Je pense qu’il faudrait à l’avenir mettre sur pied un observatoire du marché des médicaments pour savoir avec certitude quels sont les médicaments qui manquent et quelle en est l’urgence. D’autre part, je suggère qu’on autorise le pharmacien, avec le consentement du patient, à prescrire des médicaments de substitution et enfin, trouver une solution pour permettre l’importation en parallèle des médicaments. À cause des Intellectual Property Rights (IRP), il ne peut y avoir qu’un seul importateur de produit. Si ceci est aboli, plusieurs importateurs pourront faire venir un produit et il n’y aura plus de manque.»

La pénurie de médicaments ne semble pas affecter que Maurice (voir encadré) mais des précautions sont à prendre pour que ce manque ne devienne drastique.

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