Santé publique: L’herbicide Roundup interdit dans les plantations de légumes

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Ce sachet d’herbicide en vente dans une boutique spécialisée hier à St-Pierre.

Ce sachet d’herbicide en vente dans une boutique spécialisée hier à St-Pierre.

Monsanto a été condamnée pour ne pas avoir informé de la dangerosité de cet herbicide. À Maurice, il est largement utilisé. Si ce n’est sous cette marque, en version générique. La nouvelle loi sur les pesticides contrôle son usage. Mais il se retrouve dans les vergers.

Rs 10 milliards (289 millions de dollars). C’est le montant qu’une cour de justice américaine a sommé la firme Monsanto de payer à un jardinier atteint d’un cancer incurable, vendredi. L’avocat de Dewayne Johnson a argué que le Roundup, produit par la firme, est responsable de cette maladie et que le producteur n’a pas suffisamment informé les consommateurs de la dangerosité de l’herbicide. Même si le groupe fera appel de la décision, l’affaire est suivie avec intérêt à travers le monde.

À Maurice, le ministère de l’Agro-industrie est en alerte. Le Roundup, tout comme les autres herbicides contenant du glyphosate, est très prisé par les agriculteurs. Un cadre de ce ministère affirme que les planteurs n’ont plus le droit d’utiliser les produits à base de glyphosate dans les champs de légumes.

De plus, avec l’introduction de l’Use of Pesticides Act, son utilisation est contrôlée. Les planteurs doivent disposer d’un permis du Food and Agricultural Research and Extension Institute pour acheter le Roundup. Toutefois, par la suite, aucune inspection n’est menée. «Il est vrai qu’il n’y a aucune preuve scientifique que ce produit provoque le cancer, mais nous suivons les recommandations européennes. S’il faut le bannir, nous le ferons. Mais pour le moment, son importation est autorisée», dit le cadre.

Du côté de Roger Fayd’herbe & Co Ltd, l’importateur du Roundup, l’on reconnaît que ce produit est largement utilisé à Maurice. «Il existe aussi plusieurs importateurs de génériques de cette matière active, qui est le glyphosate. À Maurice, le glyphosate est utilisé uniquement pour éliminer les mauvaises herbes dans des terrains en friche et non dans les cultures», rassure Clifford Dove, le Managing Director. D’ailleurs, le Roundup supprime tout là où il est appliqué.

De plus, il insiste sur le fait que si les planteurs ou les jardiniers respectent les normes de sécurité, le risque de contamination est atténué. «Il faut respecter les mesures de sécurité prescrites par le fabricant avec l’utilisation de gants, de masques et autres équipements de protection. Il faut aussi savoir que certains produits ménagers pourraient poser plus de risques de toxicité que le Roundup. Il est essentiel de respecter les consignes d’utilisation.» L’importateur du Roundup se fonde également sur la position d’un porte-parole de Bayer, le propriétaire de Monsanto, qui a fait une déclaration à la BBC selon laquelle le glyphosate ne provoque pas de cancer s’il est utilisé selon les normes.

Selon Kreepalloo Sunghoon, le secrétaire général de la Small Planters’ Association, l’industrie sucrière est le plus grand utilisateur de glyphosate. «C’est certainement un poison pour les plantes, mais les petits planteurs n’ont pas le choix, surtout avec le manque de main-d’œuvre», explique-t-il. Le produit est utilisé avant l’ensemencement ou après la récolte. En revanche, ajoute Kreepalloo Sunghoo, dans des vergers, il est épandu même sous les arbres fruitiers pour éliminer les mauvaises herbes. Il est aussi utilisé par les entrepreneurs engagés par les collectivités locales pour éliminer les mauvaises herbes en bordure de route.

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