Mère à 17 ans, elle se bat pour avoir la garde de son bébé

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Agée de 17 ans, elle a passé la journée à l’hôpital afin d’empêcher la CDU de lui prendre son enfant.

  Agée de 17 ans, elle a passé la journée à l’hôpital afin d’empêcher la CDU de lui prendre son enfant.  

Pourra-t-elle prendre son bébé dans ses bras ? C’est ce que se demande cette jeune mère de 17 ans. Elle attend depuis trois mois de pouvoir s’occuper de sa petite qui est née avec plusieurs malformations et qui a été placée à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. Mais le lundi 14 août, elle a appris que la Child Development Unit (CDU) compte prendre en charge le nourrisson.

Toxicomane ou pas ?

Contacté au téléphone, un préposé de la CDU affirme que le père de la petite est un toxicomane. Il indique aussi que la grand-mère maternelle du nourrisson n’est pas apte à s’en occuper. Les officiers l’avaient prévenue qu’ils comptaient prendre le bébé une fois sa sortie de l’hôpital.

Mais l’adolescente n’en démord pas. «Le père n’est pas un drogué et il gagne sa vie comme maçon. Et c’est moi, non pas ma mère, qui m’occuperai de ma petite», lâche-t-elle.

Deux opérations

Le nourrisson de trois mois a subi deux interventions chirurgicales depuis sa naissance. Il a été transféré de l’hôpital Jawaharlal Nehru, Rose-Belle, à celui de Jeetoo, où il avait été placé en observation. La jeune mère souligne qu’elle est consciente des problèmes de santé du bébé. «Je me suis renseignée pour pouvoir m’occuper d’elle comme il se doit.»

L’adolescente ne veut pas que son enfant connaisse le même sort qu’elle. Elle avait été placée sous la charge de la CDU jusqu’à l’âge de 14 ans. Notre interlocutrice soutient que même si sa mère l’avait par la suite reprise, sa vie dans les shelters n’avait pas été de tout repos. Elle dit en garder des séquelles. «Mo léker fer mal, mo zenfan pann konn nou lakaz, li pann konn nou, pleure-t-elle. Eski dimounn dan sant pou kapav okip mo zenfan kouma mo pou okipé ?»

«On avait tout prévu. Toutes ses affaires sont prêtes.»

Si elle se dit anéantie, notre interlocutrice compte se battre pour élever son enfant malgré son jeune âge. Les parents de l’adolescente étaient d’ailleurs impatients d’accueillir la petite fille. «On avait tout prévu. Toutes ses affaires sont prêtes.»

À la naissance de la petite, le père de l’enfant s’est rendu à l’état civil pour la déclarer. Et le couple avait prévu de s’installer chez la mère de celui-ci à Grande-Rivière. Mais la maison a été incendiée il y a peu.

Pas de contact avec son propre père

La jeune femme avance qu’un officier de la CDU lui a dit qu’elle ne pourrait avoir la charge du bébé car elle n’est pas mariée au père de celui-ci. Et comme elle est mineure, elle doit obtenir le consentement de son propre père. Le hic : «Je n’ai plus de contact avec lui depuis des lustres.»

En l’absence de Rita Vencatasawmy, l’Ombudsperson for Children, un officier a demandé à l’adolescente de déposer une plainte. Une enquête sera ensuite ouverte, car, pour le bureau de l’Ombudsperson, un enfant doit vivre avec ses parents. «Nous étudierons le cas. Si l’enfant est éligible à une aide sociale, nous le dirigerons vers les autorités concernées.»

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