Câbles en cuivre : pourquoi les vols se perpétuent

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Les câbles en cuivre sont volés, revendus et fondus.

Les câbles en cuivre sont volés, revendus et fondus.

Si pour certains les câbles en cuivre ne sont que des fils, pour des malfrats, c’est un véritable trésor. Voici pourquoi les voleurs s’en donnent à coeur joie.

Des lampadaires ont récemment été vandalisés au morcellement Highland Rose. Objectif : y dérober des câbles en cuivre. Le Central Electricity Board (CEB) et Mauritius Telecom ont également été victimes de ces vols. Pourquoi ceux-ci sont plus fréquents ?

«Ces câbles ont une grande valeur. Les gens les volent et les revendent pour la refonte», confie Shamshir Mukoon, directeur général du CEB. Sur le marché, le cuivre est écoulé à environ Rs 145 000 la tonne, selon des opérateurs. Du coup, les voleurs s’en donnent à coeur joie. À titre d’exemple, l’établissement répertorie une vingtaine de vols perpétrés depuis le début de 2018.

Idem du côté de Mauritius Telecom, qui en a été victime à maintes reprises. En 2017, 23 vols de câbles en cuivre avaient été commis. Bien que la police ne dispose pas de chiffres précis, elle indique que ce sont surtout des câbles téléphoniques, électriques, les prises de terre et autres fils de connexion situés dans des lampadaires qui sont la proie des voleurs. «Cela se produit surtout sur les morcellements et sur les autoroutes», déclare l’inspecteur Shiva Coothen, du Police Press Office.

Les nouveaux morcellements semblent particulièrement ciblés par ces cambrioleurs encore plus audacieux. «Avec le développement de ces nouveaux espaces d’habitation, des câbles en cuivre sont installés par voie souterraine alors que les maisons ne sont pas construites immédiatement. Les voleurs sévissent en pleine nuit et sectionnent les câbles», explique le responsable du CEB.

Ces propos sont rejoints par ceux d’un promoteur de Highland Rose. «Nous avons constaté des vols de câbles en cuivre depuis début 2018. En fait, les terrains ont été livrés depuis 2016 aux propriétaires avec des services comme l’eau, l’électricité et le téléphone. Mais ces propriétaires ne s’en occupent pas. Les terrains étant en friche et dépourvus d’une présence permanente des habitants, les voleurs peuvent commettre leur forfait.» Il ajoute que le remplacement des câbles volés dans cette localité revient alors à la mairie de Vacoas-Phoenix.

Contacté par l’express, Farhad Dowlut, le maire, nous a déclaré que l’appel d’offres pour cet exercice a déjà été lancé à la suite de l’aval du comité. Alors que les promoteurs affirment qu’une installation aérienne préviendrait les vols, il indique que seule la voie souterraine est possible. «Nous n’avons pas le choix car il y aurait trop d’implications pour toute autre option. Par contre, cette fois-ci, les câbles seront fixés, soudés et scellés.»

Fahrad Dowlut constate aussi la fréquence des vols motivés par l’appât du gain et l’absence d’habitants sur les morcellements. Il soutient que ce serait l’oeuvre de professionnels. «L’extraction des câbles du sol et des lampadaires est très délicate. Un novice ne pourrait le faire. Ce sont des professionnels qui font ce travail-là car ils semblent bien connaître les emplacements.»

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