Chiens renifleurs: la douane renforce ses effectifs

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Les chiens renifleurs doivent suivre un entraînement qui dure sept mois.

  Les chiens renifleurs doivent suivre un entraînement qui dure sept mois.  

Se regarderont-ils en chiens de faïence ? Aboieront-ils au sein de la même «dream team» pour traquer les trafiquants de drogue ? Ces questions se posent après la publication du rapport Lam Shang Leen. En effet, celui-ci recommande que les toutous renifleurs de la police et de la Mauritius Revenue Authority (MRA) soient mieux formés pour être plus efficaces dans la détection. Si aux Casernes centrales, la police est muselée sur leur sort, la MRA met déjà la main à la… «patte».

«L’unité ne sera pas démantelée mais constamment renforcée. L’effectif atteindra les 24 chiens d’ici 2021. La commission drogue n’a pas critiqué notre unité canine mais fait des suggestions pour les opérations», affirme Amick Teeluckdharry, Assistant Director du Taxpayers Education and Communication Department de la MRA. Actuellement, la direction étudie les recommandations pour une évaluation et mise en oeuvre des propositions énoncées. Entre-temps, les petits resteront nichés au bercail.

Créée en 2004, l’unité canine K9 opère présentement avec neuf chiens, soit huit labradors et un épagneul. Quatre autres chiens incluant des Bergers belges malinois et un Border Collie sont en formation pour la détection de narcotiques, de drogues synthétiques et de billets de banque réels. Trois d’entre eux sont récemment arrivés de La Réunion. Un autre devrait renforcer l’équipe d’ici quelques mois. Entre-temps, il sera formé par Jean-Luc Chane Kane, expert basé à Saint-Paul, à l’île soeur.

Comment se fait la formation, justement ? Pour ce faire, les chiens suivent les consignes de leurs maîtres cynophiles, également des douaniers. Ces derniers ont été à leur tour formés à l’école canine de la douane en Afrique du Sud. Durant leur formation qui dure entre trois et quatre mois, les chiens sont familiarisés aux stupéfiants et aux devises avec des échantillons. À l’unité de la police, on utilise majoritairement des chiens locaux. Le travail débute avec sa personnalité.

Sept mois d’entraînement

«L’animal doit développer un instinct très fort d’abord envers son jouet. En travaillant sur ces qualités, le chien pourra travailler n’importe où et n’aura peur de rien», explique un ancien maître-chien. D’abord, des simulations sont effectuées avec une balle qui sera cachée, poursuit-il. L’animal devrait pouvoir la chercher dans tous les environnements. L’ancien maître-chien indique que cette familiarisation doit se faire au plus tôt, mais tel n’est pas le cas à Maurice.

Dès que le chien atteint ses dix mois, le formateur peut enchaîner avec la détection des stupéfiants, confie notre source. «Le maître-chien prélève une petite quantité de drogue et la place dans un sachet en plastique ou dans de la flanelle. Le tout est fermé hermétiquement et placé à côté de la balle.»

Généralement, l’entraînement se poursuit pendant six à sept mois, souligne notre interlocuteur. Cela, afin de familiariser cette détection dans toute situation bruyante, bondée de gens, entre autres. «Les chiens policiers peuvent progresser. Il faut revoir tout le système et les faire travailler sur des intervalles plutôt que sur une heure complète car il doit se concentrer sur l’activité», ajoute l’ancien maître-chien.

Face à l’apprentissage à la détection, quels sont les risques d’une dépendance chez ces animaux ? «Ils ne sont jamais drogués. Dès leur jeune âge, les chiens sont entraînés à reconnaître les différentes odeurs des stupéfiants sans être accros à ces produits. Ils les associent à la petite balle qui est leur jouet et récompense», déclare Amick Teeluckdharry. En fait, ils doivent indiquer l’odeur des narcotiques et billets de banque pour recevoir leur récompense. Certes, tout est mis en oeuvre pour que la balle soit dans leur camp.

Quelle est la durée de vie de ces chiens ? Cela dépend de leur état physique ou du niveau de leur performance, soutient la douane. Mais généralement, leur temps de service est de huit ans. Ensuite, les toutous s’en vont en retraite.

Les griefs de la commission drogue

Que reproche la commission Lam Shang Leen aux unités canines ? Par exemple, des 54 chiens, 18 sont des chiens renifleurs et aucun d’entre eux n’a pu détecter de drogues synthétiques, du subutex, de la morphine, de l’opium, entre autres. Quant aux chiens de la douane, leur performance n’a pas satisfait la commission. Selon le rapport, ces derniers étaient pressés par leurs maîtres dans l’exécution de leur tâche. De plus, l’absence de chiens renifleurs au hall d’arrivée a aussi été décriée. Cette pratique pourrait dissuader les trafiquants ou passeurs dissimulant la drogue dans les cavités corporelles. La commission recommande le renforcement des effectifs canins, surtout aux points d’entrée et à l’espace de récupération des bagages.

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