Sanctions contre l’Iran: Risque réel d’une flambée du cours du pétrole

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Les automobilistes seront les premiers à casquer si le prix du pétrole flambe. Le ministre du Commerce, Ashit Gungah, dit, lui, suivre la situation sur le plan mondial de près.

Les automobilistes seront les premiers à casquer si le prix du pétrole flambe. Le ministre du Commerce, Ashit Gungah, dit, lui, suivre la situation sur le plan mondial de près.

Le monde a les yeux rivés sur l’Iran. Après que les États-Unis ont annoncé une première salve de sanctions contre ce pays producteur de pétrole, la crainte d’une hausse du cours du Brent se fait sentir.

De 69,7 dollars, le baril de Brent est passé à 74,65 dollars mardi. Cela, suivant l’annonce de la première vague de sanctions des États-Unis contre l’Iran, qui sont entrées en vigueur ce jour-là (voir encadré). Et début novembre, d’autres seront rétablies, dont les sanctions contre les importations de pétrole iranien. D’ici là, une flambée du cours du pétrole n’est pas à écarter.

L’inquiétude a d’ores et déjà gagné les rangs de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM). D’autant que la raffinerie Mangalore, le fournisseur de la State Trading Corporation, s’approvisionne auprès de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont l’Iran est le troisième plus grand producteur.

«Les grands fournisseurs ont prévu une hausse en novembre en prévision des sanctions américaines», fait valoir le secrétaire général de l’ACIM, Jayen Chellum. «Nous l’avons vécu dans le passé. Chaque trouble au Moyen-Orient a un impact sur le coût du pétrole, même si par la suite il y a eu une stabilisation», fait-il ressortir. Et d’ajouter que si hausse il y a, le gouvernement devra revoir les différentes taxes sur les carburants.

Un expert en produit pétrolier mauricien, que l’express a interrogé, soutient, lui, qu’il n’y aura pas de hausse conséquente. Pas dans l’immédiat, du moins. «Plusieurs fournisseurs et des pays ont déjà constitué une réserve stratégique pour les prochaines semaines», dit-il.

D’ici à novembre, concède-t-il toutefois, la donne risque de changer. Le Petroleum Pricing Mechanism, qui fixe les prix des carburants, se réunira avant novembre. La dernière réunion remonte au mois de juin. Le consultant en produit pétrolier indique que plusieurs facteurs détermineront le prix du baril sur le marché mondial et, par ricochet, à Maurice.

«Ce n’est que quand la sanction sur le pétrole entrera en vigueur qu’on saura qui respecte la consigne américaine.» L’administration de Donald Trump a, en effet, promis des conséquences à tous les pays qui ne respectent pas les sanctions.

«Est-ce que la raffinerie de Mangalore respectera la décision américaine en refusant de s’approvisionner auprès de l’Iran ?» se demande le consultant. Selon allnews, journal en ligne suisse, la Grande péninsule a déjà choisi son camp. Le journal cite Fiona Cincotta, analyste chez City Index de Londres. «L’Inde, la Chine et des pays d’Europe s’opposent aux sanctions américaines, ils pourraient continuer d’acheter auprès de l’Iran.»

Dans cette guerre commerciale, une certitude : «Il n’y aura pas de pénurie.» En effet, au dire du consultant, «si la raffinerie de Mangalore arrête de s’approvisionner auprès de l’Iran, il ira chez un autre fournisseur avec l’aide du gouvernement indien». D’ailleurs, plusieurs pays, comme l’Arabie saoudite et la Russie, ont augmenté leur production de pétrole pour l’exportation.

Du côté du ministère du Commerce, l’on ne souhaite prendre position. «Nous suivons la situation sur le plan mondial», a déclaré à l’express, hier, le ministre Ashit Gungah.

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