Condition des femmes: Le peu de progrès décrié

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1 703 cas de violence domestique rapportés en 2017

  1 703 cas de violence domestique rapportés en 2017  

1 703 cas de violence domestique rapportés en 2017. Il y a eu 619 demandes pour avoir des «protection orders» et 318 mandats de protection ont été émis par les autorités afin de protéger des femmes de leurs conjoints. Toujours l’année dernière, 623 personnes ont été poursuivies pour violence conjugale. Cent personnes ont été emprisonnées et 418 ont été condamnées à payer des amendes. Comme on le voit, les chiffres de la violence infligée aux femmes ne baissent pas.

Ces statistiques ont été compilées dans un rapport de 62 pages que Maurice vient de soumettre à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), une instance des Nations-unies.Le comité onusien qui émane de cette convention fera part de ses observations sur le document en octobre prochain.

Mais, déjà des voix s’élèvent pour déplorer le peu de progrès fait concernant l’amélioration de la condition féminine à Maurice. «Les femmes continuent de mourir sous les coups de leurs conjoints», note Loga Virahsawmy, de Genderlinks. Les changements apportés à la Protection from Domestic Violence Act depuis ces dernières années n’auraient servi à rien, déplore-t-elle. Un point que ne manquerait pas de souligner la CEDAW, dont le secrétariat est basé à Genève, en Suisse. Le comité de suivi n’avait pas manqué, dans le passé, de critiquer Maurice pour son incapacité à protéger et à promouvoir les femmes.

La loi contre la violence conjugale devrait subir d’autres modifications, laisse-t-on comprendre au niveau du ministère de l’Égalité du genre, qui précise que la question de viol conjugal est toujours à l’étude. En général, la condition des femmes n’a pas beaucoup évolué, regrette-t-on dans les milieux concernés. La discrimination est toujours présente dans le cadre du travail tout comme en politique.

Gender Equality Bill

 Même si dans le rapport périodique, Maurice rappelle que les postes de président de la République et de président de l’Assemblée nationale ont été confiés à des femmes, dans la pratique, en général, les femmes sont moins bien rémunérées que les hommes. L’écart moyen des salaires homme-femme est évalué à environ 26 %.

Concernant le nombre de femmes à occuper des postes de responsabilité dans la fonction publique, la parité est quasi atteinte, avec 50 % de cadres supérieurs. Cependant, dans le privé, elles ne sont que 7 % à être présentes dans les conseils d’administration. Le gouvernement fait aussi état de la préparation d’un Gender Equality Bill, avec la collaboration de l’Union européenne. Une ébauche du projet de loi devrait être prête incessamment.

Recul aussi de la place de la femme en politique. Si en 2010, la représentation féminine était de l’ordre de 18 %, elle est passée à 11 % en décembre 2014. Elles ne sont que huit femmes parlementaires durant ce présent mandat, contre 10 en 2010.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations-unies, est entrée en vigueur le 3 septembre 1981. C’est en 1984 que Maurice l’a signée.

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