La Californie ravagée par des feux gigantesques

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Alex Schenck, 15 ans, tente de sauver sa maison des flammes du

Alex Schenck, 15 ans, tente de sauver sa maison des flammes du "Ranch Fire" près de Clearlake Oaks (Californie), le 4 août 2018.

Plus de 14.000 pompiers venus de tous les Etats-Unis et même d’Australie et de Nouvelle-Zélande combattaient mardi les vastes incendies qui ravagent la Californie depuis près d’un mois, en particulier le plus gros jamais enregistré dans cet Etat de la côte ouest.

Battu il y a quelques mois à peine, le record du feu le plus destructeur en termes de superficie brûlée est tombé lundi soir et appartient désormais au «Mendocino Complex», qui continuait sa course folle dans les collines boisées, escarpées et difficilement accessibles autour de Clear Lake, au nord de San Francisco.

Selon un bilan du service des pompiers Calfire à 14H00 GMT mardi, l’incendie a détruit 117.638 hectares depuis le 27 juillet. Il est composé en réalité de deux foyers mitoyens: le «Ranch Fire», circonscrit à 20%, et le «River fire», circonscrit à 78%.

«Si le #Mendocinocomplex était une ville, ce serait la quatorzième plus grande des Etats-Unis. Plus grand que New York, Chicago, Philadelphie et Houston», a tweeté mardi Cal OES, le bureau des services d’urgence du gouverneur de Californie.

Le record était détenu depuis décembre 2017 par l’incendie «Thomas» et ses 114.078 hectares réduits en cendres.

Depuis mi-juillet, une dizaine de personnes --dont au moins quatre pompiers-- ont été tuées par les nombreux incendies qui ravagent l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis.

Les services forestiers de Californie ont décompté huit incendies majeurs mardi à 15H00 GMT, dont un nouveau dans le sud.

Légèrement plus au nord du «Mendocino Complex», les soldats du feu étaient aux prises avec le «Carr Fire» qui était mardi matin le douzième plus important de l’Etat avec près de 68.000 hectares détruits depuis le 23 juillet. Il était circonscrit à 47% mardi matin et a détruit plus de 1.600 bâtiments, dont un millier d’habitations.

Il sévit près de la ville de Redding et mobilisait mardi matin plus de 4.700 pompiers, dont plus d’une cinquantaine arrivés d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

- «Ravines raides» -

«L’incendie est situé dans des ravines raides avec des expositions diverses aux vents qui compliquent les efforts des pompiers», a expliqué Calfire.

Si intense qu’il a généré un tourbillon semblable à une tornade de feu, il a été provoqué selon les autorités par la «défaillance mécanique d’un véhicule» ayant provoqué des étincelles dans une zone devenue une véritable poudrière en raison de la sécheresse.

Quand au «Ferguson Fire», qui a nécessité la fermeture partielle du parc national de Yosemite en pleine saison touristique, les pompiers ont continué leur lente progression pour le maîtriser mardi matin à 43%. Il a ravagé depuis le 13 juillet plus de 38.000 hectares, devenant ainsi le plus gros jamais survenu dans la Sierra National Forest, selon le site d’informations sur les incendies Inciweb.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été évacuées depuis mi-juillet. Si certaines ont été autorisées à rentrer chez elles ces derniers jours après le passage des flammes, 42.000 l’étaient encore lundi.

Ces feux sont «extrêmement rapides, extrêmement agressifs, extrêmement dangereux», avait décrit lundi Scott McLean, un chef adjoint de Calfire.

«Voyez comme c’est devenu énorme en seulement quelques jours (...). Voyez à quelle vitesse cet incendie du Mendocino Complex est monté dans le classement des sinistres», a-t-il souligné.

Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche matin l’état de catastrophe naturelle en Californie, ordonnant une assistance fédérale aux autorités locales pour les efforts de reconstruction et le déblocage de fonds pour les personnes affectées dans le comté de Shasta, affecté par le feu «Carr».

Dans plusieurs tweets postés lundi, il a incriminé le manque d’eau pour combattre les brasiers et a recommandé de «couper des arbres», s’en prenant aux lois de protection de l’environnement plutôt qu’au changement climatique.

Selon lui, les incendies californiens sont «amplifiés» par «les mauvaises lois environnementales qui ne permettent pas d’utiliser correctement d’énormes quantités d’eau facilement accessibles».

«C’est détourné dans l’océan Pacifique. Il faut aussi couper des arbres pour empêcher le feu de se propager», a-t-il poursuivi.

Le milliardaire républicain a retiré en 2017 les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat.

En réalité, «nous avons plein d’eau pour lutter contre ces incendies mais soyons clairs: c’est notre climat modifié qui entraîne des feux plus graves et plus destructeurs», a déclaré au quotidien New York Times Daniel Berlant, sous-chef adjoint de Calfire.

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