Commission drogue - Rapport Lam Shang Leen: Quand la police enquête sur la police

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(Photo d’illustration) La commission drogue a recueilli des preuves contre une quarantaine de policiers qui seraient de mèche avec des trafiquants.

(Photo d’illustration) La commission drogue a recueilli des preuves contre une quarantaine de policiers qui seraient de mèche avec des trafiquants.

Situation peu commune aux Casernes centrales. Un autre corps de la police est actuellement appelé à enquêter sur le travail de leurs confrères. Le commissaire de police, Mario Nobin, l’a confirmé à l’express, dimanche soir. Il s’agit de l’une des retombées majeures du rapport de la commission d’enquête sur la drogue.

Mario Nobin a refusé d’en dire plus. Lors d’une cérémonie célébrant le 251e anniversaire de la force policière le 1er août, il avait pourtant promis des sanctions «en temps et lieu». Le rapport Lam Shang Leen égratigne les policiers qui seraient de mèche avec des barons de la drogue. La commission drogue a recueilli des preuves contre une quarantaine d’entre eux.

Du côté de l’opposition, cette situation de «lapolis anket lor lapolis» n’est pas jugée «normale». Avant même la mise sur pied de cette équipe, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, avait critiqué le fait que la police soit chargée d’enquêter sur l’institution «infestée par la mafia de la drogue».

Veda Baloomoody, du parti mauve, est, lui, convaincu qu’il s’agit encore de «delaying tactics». De faire ressortir que «la police est en train de suivre le mauvais exemple du Premier ministre. Li pe prézid komité lor so bann prop manb MSM. Lapolis pé fer parey».

«Situation normale»

Pourtant, dans le milieu concerné, l’on explique que la situation n’est pas si anormale que cela. «Toutes les enquêtes sont menées par la police. Qui d’autre ? Le commissaire de police n’avait pas vraiment le choix.» Notre source ajoute que l’Independent Commission against Corruption sera appelée à entrer en jeu s’il y a des soupçons de corruption. Pas avant.

Du côté de la Mauritius Revenue Authority (MRA), une équipe interne a également été constituée à la demande du directeur général, Sudhamo Lal. Ce dernier a expliqué à l’express hier que le but est de se pencher uniquement sur les critiques et recommandations faites à l’égard de l’instance.

«L’équipe travaille de manière holistique», soutient Sudhamo Lal. Le rapport de cette équipe en question sera ensuite remis au comité interministériel présidé par Pravind Jugnauth. Le directeur général de la MRA avance que ce n’est qu’après les conclusions du comité qu’il décidera de la marche à suivre.

Qu’en est-il de la Banque de Maurice ? Car l’institution bancaire a également été critiquée dans le rapport Lam Shang Leen pour son laxisme autour des transactions douteuses des trafiquants de drogue, des avocats, entre autres. Notre requête pour confirmer si une équipe de la banque travaille sur les conclusions de Paul Lam Shang Leen et de ses deux assesseurs est restée sans réponse.

Toutefois, des sources concordantes soulignent qu’un rapport est bien attendu de leur part. Celui-ci sera ensuite remis au comité interministériel, qui attend justement de recueillir toutes les données de différents ministères et institutions avant de démarrer ses travaux.

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Le rapport de la commission d’enquête sur la drogue a été rendu public vendredi 27 juillet. Et les répercussions sont nombreuses. Le barreau notamment y est mis à mal ; les noms de plusieurs avocats, dont Me Raouf Gulbul, sont cités, la commission Lam Shang Leen recommandant des enquêtes approfondies. Le gouvernement n’est pas non plus sorti indemne. Cités dans le rapport, la ministre Roubina Jadoo-Jaunbocus et le Deputy Speaker Sanjeev Teeluckdharry ont dû «step down». Diverses institutions sont également montrées du doigt.

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