Réchauffement climatique: le jour où la Terre s’autodétruira…

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Dans l’Arctique, le premier été sans banquise devrait avoir lieu avant le milieu du siècle, selon des chercheurs.

Dans l’Arctique, le premier été sans banquise devrait avoir lieu avant le milieu du siècle, selon des chercheurs.

La fin de l’humanité telle que nous la connaissons, ce n’est peut-être pas pour demain. Reste que cela approche et plus vite qu’on pourrait le penser. Du moins, selon une étude, publiée lundi 6 août, par un consortium de chercheurs internationaux.

Ils prévoient, entre autres, qu’avec le réchauffement climatique, la planète risque de se transformer en «étuve» (NdlR, local où la température est très élevée et la chaleur humide, selon le Larousse). Pis, seuls un milliard d’êtres humains pourraient s’y abriter…

Dans une étude de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, ces chercheurs partent du postulat que même si les hommes réduisent les émissions de gaz à effet de serre, la planète elle-même pourrait libérer ces gaz dans l’atmosphère. Conséquence : la hausse de la température moyenne de la Terre devrait tourner autour de +4°C ou +5°C en comparaison avec l’ère préindustrielle. À savoir que l’objectif de l’accord de Paris sur le climat est de +2°C au maximum.

Ainsi, les scientifiques prévoient un effet de basculement. C’est-à-dire des aspects jusqu’ici bénéfiques du système planétaire (NdlR, ils ont un rôle d’éponge) pourraient à terme devenir néfastes. Comment ? En relâchant dans l’atmosphère plus de CO2 et de méthane que toutes les activités humaines réunies…

L’étude explique que ce phénomène (appelé point de bascule) est dû à des températures au-delà desquelles la libération de ces gaz serait inévitable. Et les chercheurs témoignent leurs inquiétudes devant le fait que la Terre puisse approcher ce seuil critique qui ferait d’elle une étuve.

Parmi ces systèmes planétaires qui pourraient basculer, les forêts et océans. Les chercheurs font remarquer que ceux-ci ont renfermé, au cours de ces dernières décennies, plus de la moitié des émissions de carbone. Sauf que la superficie sous forêt rétrécit comme peau de chagrin. Et avec un réchauffement de la température de 3°C, 40 % de la forêt amazonienne pourrait disparaître. Les océans, de leur côté, manifestent des signes de saturation en CO2.

Idem pour le permafrost (NdlR, sol gelé en permanence au Canada et en Russie). Selon l’étude, si dégel il y a, tout le méthane et le carbone qui y sont emprisonnés – il s’agit de l’équivalent de quelque «15 ans d’émissions humaines» – risque d’accélérer le réchauffement climatique en libérant plus de gaz dans l’air.

Les scientifiques s’intéressent aussi à la banquise. Faisant remarquer que 80 % des rayonnements du soleil sont renvoyés par la banquise au travers de son miroir blanc glacé. Sauf qu’avec la fonte, c’est l’océan qui finit par absorber ces rayonnements. Avec pour conséquence, une accélération du réchauffement. «Dans l’Arctique, le premier été sans banquise devrait avoir lieu avant le milieu du siècle. Une situation susceptible de se reproduire tous les quatre ans dans un monde à +2°C», explique l’étude.

Ce n’est pas tout. Entre +1°C et +3°C, prévoient les chercheurs, la calotte glaciaire recouvrant la terre de l’Antarctique ouest et du Groenland finira par fondre. Lorsque cela arrivera, d’énormes volumes d’eau seront libérés. Les effets seront dévastateurs, préviennent les scientifiques. «La fonte des glaces de l’Antarctique Ouest et du Groenland conduirait à une hausse du niveau de la mer de 13 mètres. La calotte de l’Antarctique Est, plus sensible au réchauffement qu’estimé précédemment, représente 12 mètres potentiels supplémentaires», peut-on lire dans l’étude.

Disparition programmée, donc, de plusieurs mégapoles, États, pays…

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