Kevin Halkhory: fils de marchands ambulants et lauréat

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Kevin Halkhory aux côtés de ses piliers : sa maman et son papa.

Kevin Halkhory aux côtés de ses piliers : sa maman et son papa.

Après les malheurs, il nage en plein bonheur. Kevin Halkhory, 18 ans, pourra enfin réaliser son rêve : celui de devenir vétérinaire. Les aléas de la vie n’ont pu arrêter l’adolescent, déterminé. Il fait partie des lauréats ayant obtenu une des bourses additionnelles de l’État, la liste ayant été rendue publique jeudi.

Un mot pour décrire les Halkhory : l’humilité. Relax, heureux, c’est un Kevin en short qui nous accueille dans son salon. À ses côtés, ses piliers : sa maman et son papa. Tous carburent à la simplicité, la modestie. 

Kevin fréquente le collège Rabindranath Tagore depuis la Form I. Oui, bon, il était loin d’être bête, mais il ne s’attendait pas à être lauréat. Contrairement à sa maman, Veena qui, elle, y croyait dur comme fer. C’est cela aussi l’intuition maternelle.

Si Kevin était plus sceptique, c’est un peu à cause des épreuves qu’il a traversées depuis deux ans. La maladie de son papa, Jugdish, ancien marchand ambulant, est venue chambouler la vie de l’adolescent. «Dépi tipti mo papa inn get mwa, linn touzour swiv mwa de pré. Limem li ti pé al kit mwa léson, vinn sers mwa… Mé dépi linn malad, nou tou nou lavi inn boulversé. Mo mama, ki ti marsan ambilan ousi, inn bizin kit travay.»

Son dada

L’émotion prend le dessus. Veena, les larmes aux yeux, confie que son mari a tout fait afin que son fils réussisse. «Kan so papa inn malad, mo garson  inn bien afekté ek li ti fini dir nou pa atan boukou ek li. Zordi, mo doubléman fier linn rési.»

Les sciences, c’est le dada de Kevin. Il voue également une passion absolue aux animaux, en particulier les chevaux et les chiens. Raison pour laquelle il fera tout, tout, pour atteindre son but, qui est de devenir vétérinaire. «Mo rapel bien kouma enn fwa mo papa ti vinn sers mwa léson ek san dir mo mama, li ti amenn mwa Champ-de-Mars… Prémié fwa sa zour-la monn trouv séval devan mwa ek mo santi mwa fasiné par sa zanimo-la…»

Sans cette bourse, il n’aurait pu entamer sa chevauchée fantastique. «Puisqu’à Maurice, on ne propose pas ce type de formation, je vais tenter ma chance en Russie ou en Allemagne», confie Kevin.

Et puis, il reviendra au triple galop, pour revoir sa mère et son père…

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