Mauriciens de Shanghai: Allan Mathieu, le chef d’entreprise conquis par l’amour

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Allan Mathieu et son épouse, Fangjuan, sont très complices

Allan Mathieu et son épouse, Fangjuan, sont très complices

Ce jeune mauricien est un passionné, un amoureux ; pas seulement de son pays d’adoption, la Chine, mais aussi de la charmante Shanghaienne qui est son épouse depuis trois ans. C’est d’ailleurs sur son invitation qu’Allan Mathieu s’est rendu à Shanghai. Installé dans cette ville de l’est de la Chine, il gère deux entreprises qu’il a lui-même fondées : Yoal Paradise Agency Ltd, enregistrée à Maurice ; et Yoal Shanghai Trade Co. Ltd, enregistrée à Shanghai. Dans les deux cas, l’objectif est de promouvoir l’île Maurice en Chine et ailleurs.

Âgé de seulement 29 ans, Allan Mathieu a le look d’un homme d’affaires sérieux. Toutefois, c’est son petit sourire malicieux qui le trahit ; oui, il est de ceux qui positivent. Le natif de Cité Argy raconte : «Tout a commencé quand j’ai ouvert mon entreprise à Maurice en 2013. Ce n’était guère facile, comme je venais d’une cité stigmatisée et où les jeunes sont considérés comme des incapables.»

À l’époque, Yoal Paradise Agency Ltd avait pour vocation la location de bungalows aux Mauriciens et aux étrangers. Aujourd’hui, elle s’est développée pour faire du consulting auprès des agences de voyage faisant la liaison entre la Chine et Maurice.

«En 2014, quand il n’y a plus eu besoin de visa pour voyager entre la Chine et Maurice, on a commencé à avoir beaucoup de touristes chinois. Un jour, on m’a présenté trois demoiselles en vacances pour les aider à découvrir l’île et une amitié est née entre moi et cette fille habitant Shanghai», dit-il en souriant.

Le contact noué entre les deux, la jeune chinoise recommandait les services d’Allan Mathieu à ses connaissances voulant visiter Maurice. En parallèle, elle incitait le jeune mauricien à découvrir Shanghai. «Malgré la réticence de mes parents et certains proches collaborateurs, fin 2014, je m’envolais pour la Chine. Un mois plus tard, je rentrais à Maurice mettre de l’ordre dans mon agence et me marier avant de m’installer définitivement à Shanghai.»

Appréhensions 

Il s’en souvient, sa première fois à l’aéroport de Pudong l’a impressionné. «Cet aéroport est immense, propre et bien sécurisé. Je savais que la Chine était communiste et dans ma tête, j’allais débarquer dans un pays régi par la dictature. Or, j’ai vu des gens heureux. Mes appréhensions se sont vite évaporées.» C’est donc plus tard à Shanghai qu’il enregistre sa nouvelle compagnie qui importe les produits mauriciens pour être commercialisés en Chine (voir hors-texte).

La vie à Shanghai est intense, constate-t-il. «C’est très différent de Maurice. En été il fait 36 degrés et en hiver il neige. À Maurice, on connaît les autobus bondés. Mais ce n’est rien à côté du métro bondé. La station est remplie de milliers de gens. Il y a la pollution aussi et parfois ton téléphone indique qu’il est préférable de rester à la maison, mais tu dois quand même aller travailler malgré la frousse de développer un cancer.»

Il avance que si à Maurice il faut une heure pour parcourir une petite distance à cause de l’embouteillage, à Shanghai, il y a les trains à grande vitesse et des autoroutes immenses. «L’administration est surtout bien moins lourde qu’à Maurice même s’il y a plus d’habitants.»

Les week-ends, Allan Mathieu s’occupe des louveteaux de l’église St-Anne Wang. Ensuite, étant membre du Rotary Club de Shanghai, il a des activités. Sa première difficulté, c’était bien entendu la barrière de la langue. Barrière qu’il a vite surmontée en prenant des cours à l’East China Normal University de Shanghai. Pour lui, se retrouver dans une ville avec des millions de gens peut parfois être pesant mais on s’y habitue.

En tout cas, il recommande chaudement la destination à tous les Mauriciens. Shanghai, dit-il, est une étape incontournable d’un voyage en Asie.

Le Rhum Mauricien à l’honneur 

Enregistrée en Chine, Yoal Shanghai Trade Co. Ltd est spécialisée dans l’importation de rhum arrangé artisanal qui est revendu en Chine dans des bouteilles de 700 ml à la mauricienne. «Avant de lancer cette affaire, j’avais fait goûter le rhum arrangé à mes amis chinois et ils l’avaient tous apprécié, d’où l’idée d’importer le rhum arrangé avec des fruits, de quoi titiller leur curiosité.» Le thé mauricien a aussi sa place dans les rayons chinois. La vente des produits se fait en ligne sur plusieurs plateformes et aussi chez Carrefour Chine, 7 eleven Chine et LianHua Supermarket holdings entre autres. «L’île Maurice est un ‘brand’ qui se vend bien en Chine car on trouve que notre île est paradisiaque.»

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