«Clash» de rappeurs à Orly: Booba et Kaaris toujours en garde à vue

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Les rappeurs français Booba (à gauche) et Kaaris (à droite) étaient en garde à vue le 02 août 2018, au lendemain d'une rixe à l'aéroport d'Orly.

Les rappeurs français Booba (à gauche) et Kaaris (à droite) étaient en garde à vue le 02 août 2018, au lendemain d'une rixe à l'aéroport d'Orly.

Les rappeurs Booba et Kaaris étaient toujours en garde à vue jeudi au lendemain de leur rixe en plein aéroport d’Orly, illustrant une guerre d’égos qui a une nouvelle fois dépassé le cadre des fréquents «clashs» sur les réseaux sociaux.

La star du rap français et son ex-poulain ont passé la nuit en garde à vue dans les locaux de la Police aux frontières (PAF), avec une dizaine de leurs proches ayant pris part à la bagarre. Une deuxième série d’auditions se tenait jeudi, avec «vraisemblablement une confrontation» entre les deux rappeurs dans la journée, selon l’un des avocats de Kaaris.

Mercredi après-midi, les clans des deux rappeurs se sont violemment affrontés dans une zone d’embarquement à Orly, sous les yeux de passagers éberlués voire paniqués, dont certains ont filmé la scène.

Les images montrent que les deux rappeurs commencent par s’invectiver avant que la scène ne dégénère: coups de poing, de pied, puis l’altercation tourne à la bagarre générale. Une dizaine d’hommes se battent au milieu des voyageurs et dans une boutique duty-free, où l’on entend des bouteilles exploser.

«Quand on parle il faut assumer», «va à l’infirmerie», lance Booba, torse nu et bras levé, à la fin de la scène.

Quatorze personnes au total ont été placées en garde à vue pour violences volontaires, dont deux ont été mises hors de cause et relâchées jeudi matin, selon le parquet de Créteil.

Le groupe Aéroports de Paris a déposé plainte pour «trouble à l’ordre public avec préjudice d’image et financier», ainsi que «mise en danger de la vie d’autrui» car la rixe a empêché la mise en place d’un périmètre de sécurité autour d’un bagage abandonné, a indiqué un porte-parole à l’AFP.

Plusieurs vols ont subi de légers retards et des dégâts ont été occasionnés dans la boutique de duty free, dont le responsable devait porter plainte.

«Street credibility»

Kaaris, 38 ans, «a été pris à partie par Booba qui a insulté son enfant et sa femme. Puis ils se sont tous rués sur lui. On le voit sur les vidéos, ils sont à trois contre un», a déclaré à l’AFP l’un de ses avocats, Arash Derambarsh.

«Le plus grave, ce sont les armes par destination, des flacons de parfum et des bouteilles en verre», a-t-il ajouté.

«Du grand n’importe quoi», a répondu sur BFM TV l’avocat de Booba, Yann Le Bras, qui estime, lui, que les vidéos montrent que ce sont Kaaris et son groupe qui «viennent de façon très agressive à l’altercation».

Les deux rappeurs se rendaient chacun de leur côté à Barcelone, où il devaient se produire mercredi soir.

Si à l’origine les rappeurs s’affrontaient plutôt lors de joutes verbales dans les cités, devant un public prêt à acclamer ou chambrer, ils ont trouvé sur les réseaux sociaux un nouveau terrain de jeu pour «clasher» leurs rivaux.

Ce «rap game» et ces «clashs» peuvent aller de la simple moquerie à la menace physique, voire au rendez-vous précis donné pour en venir aux mains, une manière pour les rappeurs de s’assurer une «street credibility».

Les réseaux sociaux sont devenus un espace de diffusion rêvé, à coups de vidéos filmées avec smartphone, parfois en direct via des applications dédiées. De quoi affoler la toile, engranger des millions de vues et confirmer sa «suprématie». Ce que parvient à faire Booba, au centre de la plupart des bagarres ces dernières années.

Booba, 41 ans, s’est déjà battu en 2013 avec le rappeur La Fouine, à Miami. En 2014, c’est un autre de ses rivaux, Rohff, accompagné de plusieurs personnes, qui a agressé un vendeur distribuant sa marque de vêtements dans une boutique parisienne.

Si Booba a «tué» ses rivaux Rohff, Kaaris et La Fouine, en les décapitant dans un clip animé de sa chanson «Gotham» où il incarne Batman, les rivalités entre rappeurs aux Etats-Unis sont allées jusqu’à des assassinats, comme ceux des ennemis Tupac Shakur et Christopher Wallace (dit «The Notorious BIG») dans les années 90.

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