Relations: Kenya, terre d’opportunités pour Maurice

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Vue aérienne de  Nairobi.

Vue aérienne de  Nairobi.

La State Bank of Mauritius (SBM) qui prête des milliards à des clients Kenyans attire les regards sur ce pays. D’autant que la commission mixte commence ses travaux aujourd’hui, dans sa capitale.

En effet, la commission mixte Maurice-Kenya démarre ses travaux à Nairobi, aujourd’hui. Port-Louis est représentée par le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui dirige une forte délégation, dont une trentaine de chefs d’entreprise. Il présidera cette commission aux côtés de son homologue kenyane Monica K. Juma.

Les pays veulent améliorer les relations d’affaires entre eux, notamment dans les domaines de la finance, de la zone franche, de l’innovation et du tourisme. Un axe appelé à se développer dans les années à venir. Déjà, plusieurs opérateurs mauriciens tentent l’aventure.

La SBM, par exemple, compte une filiale au Kenya ; SBM Bank (Kenya) Ltd, qui a acquis, en une année, deux banques. Soit la Fidelity Commercial Bank et la Chase Bank. Et de gros clients kenyans… Toujours dans le secteur bancaire, le cas de Bank One, dans laquelle le conglomérat kenyan I&M Bank Group est actionnaire à hauteur de 50 %, au même titre que Ciel Group. Il y a quelques années, les investissements du feu groupe BAI dans la première compagnie d’assurances du pays, Britam.

En 2014, au tour de la Mauritius Union de racheter Phoenix Transfarica Holdings Limited, qui a des intérêts dans le secteur de l’assurance également en Tanzanie, en Ouganda et au Rwanda. «C’est pour cela que ce pays est intéressant à plus d’un titre, car il représente une porte d’entrée vers ces pays africains enclavés», soutient Gerald Lincoln, Managing Partner d’Ernst and Young.

Le savoir mauricien est recherché essentiellement dans le textile et le secteur sucrier. Omnicane et Alteo y sont depuis plusieurs années. Alteo, un des plus importants groupes sucriers, est actionnaire majoritaire au sein de la société Transmara Sugar Company Limited depuis 2015.

L’engouement des investissements du Royaume-Uni, des Pays-Bas ou encore de la Chine ne font que croître pour ce petit pays de 582 640 km². Surtout en raison de sa position géographique et son dynamisme économique. En 2017, sur le classement Doing business, le Kenya se classe en deuxième position dans l’Afrique subsaharienne, juste avant Maurice, pour avoir enclenché un nombre record de réformes pour améliorer le climat des affaires.

Nairobi s’en sort plutôt bien avec une croissance attendue de 6 % en 2018, générée principalement par les investissements publics. Viennent ensuite l’agriculture et les services. Le Kenya peut aussi compter sur le dynamisme de son secteur privé, principal exportateur de la région avec, pour produits phares, le thé, les produits pétroliers raffinés ainsi que les fleurs.

«Il y a beaucoup d’opportunités pour les Mauriciens», estime Gerald Lincoln. Il indique que le pays se trouve du bon côté de l’Afrique. Anglophones, les Kenyans ont également un bon niveau d’éducation. Aussi, un environnement légal similaire à ce qui existe à Maurice. Les deux pays sont liés par les marchés communs de la SADC et du COMESA. Ils se rejoignent aussi dans la lutte contre la piraterie somalienne avec l’aide des États-Unis et de l’Union européenne. Contre le trafic de drogue aussi, avec le démantèlement en 2017 d’un réseau opérant sur l’axe Kenya-Maurice.

Sur le plan politique, même si Nairobi se veut capitale cosmopolite, le pouvoir est concentré entre les mains de deux ethnies majoritaires – les Kikuyu et les Luhya –, qui gardent la mainmise sur les principaux postes. «Il faut aussi faire très attention car la corruption y est légion», explique un ancien diplomate. Les investisseurs mauriciens doivent surtout être prudents dans le choix de leurs partenaires kenyans car il y a eu dans le passé des «coups fourrés».

Autres points noirs au tableau : le taux de criminalité élevé et la menace terroriste. L’attaque des Shebabs somaliens contre l’ambassade des États-Unis et du centre commercial Westgate, à Nairobi, est toujours dans les mémoires.

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