Trou-d’eau-Douce: pas de bonne prise pour les pêcheurs

Avec le soutien de
De g, à dr, Bijaykumar Hurrymun, Joseph Michel et Yacoob Moosa Chady montrent comment Débarcadère est envahi par des véhicules qui se garent n’importe où et n’importe comment souvent.

De g, à dr, Bijaykumar Hurrymun, Joseph Michel et Yacoob Moosa Chady montrent comment Débarcadère est envahi par des véhicules qui se garent n’importe où et n’importe comment souvent.

«Trop, c’est trop», lance Bijaykumar Hurrymun, porte-parole du Mouvement Solidarité des pêcheurs de Trou-d’Eau-Douce. Pêcheur de carrière, l’habitant de ce village touristique déplore la façon dont son métier est traité.

«Nous avons l’impression que les autorités n’ont aucune considération pour nous. Débarcadère est notre lieu de travail mais nous constatons que les autorités ont pris certaines décisions sans nous consulter et cela est en train d’affecter notre gagne-pain», estime-t-il.

Le porte-parole des pêcheurs explique que depuis quelques années, il devient de plus en plus difficile de travailler tranquillement là où ils sont supposés pratiquer leur métier. La raison, il y a trop de bateaux en mer et trop de véhicules envahissent Débarcadère.

Joseph Michel, un autre pêcheur de 66 ans, confie qu’il y a trop de laisser-aller à cet endroit. «Nous savons que Trou-d’Eau-Douce est un village touristique et il est fréquenté par de nombreuses personnes mais afin que toutes les activités se déroulent dans la légalité, les autorités ont un rôle très important à jouer. Malheureusement, nous constatons que Trou-d’Eau-Douce s’est métamorphosé en jungle, les gens ne respectent plus les normes.»

Sur place à Débarcadère, notre équipe a effectivement constaté que même en jour de semaine, l’emplacement reçoit pas mal de visiteurs, et que les voitures et d’autres véhicules sont garés n’importe comment. Mais certains chauffeurs n’hésitent pas à garer leurs voitures sur la jetée, ainsi que dans une zone interdite.

Selon Bijaykumar Hurryman, cette jetée est en train de céder vu que trop de véhicules y circulent. «Ici se trouve le bureau des pêcheurs et c’est là que nous ramenons nos bateaux pour vider nos sacs. C’est là également que les «bayans» (NdlR: intermédiaires entre clients et pêcheurs) sont installés. Mais avec tous les bateaux qui y sont amarrés, nous n’arrivons pas à ramener nos prises à terre. Parfois, des opérateurs de bateaux laissent même des structures en fer en mer et cela s’avère très dangereux pour nos embarcations.»

Pour notre interlocuteur, le problème serait lié à une hausse du nombre de bateaux, qui opèrent illégalement hors des bases qui leur ont été attribuées. «Il y a trop de bateaux qui opèrent à Trou-d’Eau-Douce et leur nombre augmente de plus en plus. Ces opérateurs nous ont confié qu’ils ont obtenu l’autorisation de travailler ici. Donc, cela signifie que les autorités ont pris certaines décisions sans nous consulter», ajoute-t-il.

«Juste à côté, il y a un espace pour garer quelques véhicules. Je tiens à préciser que cet espace est dédié aux pêcheurs, pour nos véhicules et pour ranger nos équipements. Malheureusement, il est envahi par les voitures des visiteurs», déplore Bijaykumar Hurryman.

Gardes-côtes à deux pas

Pêcheur également, Yacoob Moosa Chady raconte que souvent des incidents se produisent entre les pêcheurs et les chauffeurs. «Récemment, un de nos amis a brisé le rétroviseur d’une voiture avec un de ses équipements en sortant de la mer. Une bagarre a eu lieu. Il a fallu l’intervention de la police pour calmer les esprits.» Mais ce que les membres du Mouvement Solidarité des pêcheurs trouvent plus ironique c’est que le bureau des gardes-côtes est situé à deux pas de là.

«Nous ne comprenons pas pourquoi il n’y a pas de patrouilles. Si la police et les gardes-côtes nous donnent un coup de main, il est évident que ce problème disparaîtra. Il faut qu’il y ait une présence policière régulière », lance notre interlocuteur. Les pêcheurs soulignent qu’il y a un grand terrain près du bureau des gardes-côtes où les visiteurs auraient pu garer leurs voitures. «Il paraît que que les autorités ont un projet d’aire de stationnement sur ce terrain. Mais on ne voit rien venir. Entre-temps, la situation s’aggrave. Si cela continue nous serons pénalisés davantage.»

Les pêcheurs ont du mal à approcher la terre ferme pour venir y laisser leurs prises tant il y a des obstructions.
Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires