Sinistrés de Berguitta: des sans-abri leur font à manger

Avec le soutien de
Nanda Veeravatren, le plus ancien des «tontons» de l’Abri de Nuit, à Port-Louis, préparant à manger pour les sinistrés de Berguitta.

  Nanda Veeravatren, le plus ancien des «tontons» de l’Abri de Nuit, à Port-Louis, préparant à manger pour les sinistrés de Berguitta.  

Ils n’ont pas grand-chose, et pourtant, possèdent une richesse inestimable : un coeur. Et la volonté d’aider les autres. Des sans-abri ont tenu à venir en aide aux sinistrés, forcés de quitter les centres de refuge la semaine dernière.

En effet, les sans-abri qui ont trouvé refuge à l’Abri de Nuit, à Port-Louis, ont voulu soutenir les sinistrés qui s’y sont rendus, il y a quelques jours (voir plus loin). Les «tontons» se sont donné pour mission de leur offrir un repas digne de ce nom. Ils sont ainsi une vingtaine à se mettre aux fourneaux soir après soir. Histoire de les aider à «trouv enn lizour».

En sortant de leur travail respectif – oui, car il y en a qui travaillent malgré les idées reçues, mais qui n’ont pas les moyens de s’offrir un toit –, malgré leur dure journée de labeur et avant même de préparer leur propre dîner, ils s’occupent d’abord des repas destinés aux sinistrés.

Compassion et compréhension

La recette secrète : compassion et compréhension. Des ingrédients qui donnent davantage de goût aux plats, tout en sachant que leur vie a été loin d’être une partie de plaisir et qu’ils ont pendant longtemps dormi à la belle étoile…

Parmi ceux-ci, Nanda Veeravatren, le plus ancien des «tontons». Pourquoi ses camarades et lui ont-ils pris cette initiative ? Sa réponse, il la donne avec un sourire entendu aux lèvres. «Nous le faisons avec plaisir, de bon cœur…»

Les repas n’ont rien de ceux d’un restaurant cinq-étoiles, mais ils ont la saveur de l’amitié. Cela, les sinistrés, ceux qui se battent pour avoir un toit décent, l’ont bien senti. Et sont heureux de recevoir ces repas tous les soirs. D’autant plus qu’ils ont été préparés par les «tontons».

Pourquoi ?

Les sinistrés qui avaient élu domicile dans les centres de refuge – à Baie-du-Tombeau, Beau-Séjour, Cité Vallijee, Bambous et Tranquebar, notamment – après le passage du cyclone Berguitta, ont été priés de quitter les lieux après que le délai a expiré, le 16 juillet. Mais ils sont nombreux à n’avoir nulle part où aller.

Du coup, certains avaient entamé une grève de la faim, d’autres se sont massés au jardin de la Compagnie pour crier leur désarroi et réclamer de l’aide. Seulement quelques-uns ont obtenu une maison pour l’heure.

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