Raouf Gulbul: «son téléphone au noir» et «ses connexions» avec des trafiquants

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De brûlants paragraphes sont consacrés à l’avocat et «politicien» Raouf Gulbul. La commission d’enquête sur la drogue dit ne pas comprendre comment ses enquêteurs ne sont pas parvenus à retracer un moindre appel de son téléphone à un tra quant en prison. Et elle trouve étonnant que l’homme de loi ait arrêté de visiter ses clients en prison. «Comment fait-il alors pour représenter ses clients en cour ?» s’interroge la commission.

En revanche, rappelez-vous, les noms de ses juniors figuraient bel et bien dans les livres d’entrée des prisons. C’était le cas de Tisha Shamloll. Le rapport mentionne que cette dernière a avancé que l’avocat utilisait un «téléphone au noir».

Il est aussi reproché à l’avocat* d’avoir tenté d’influencer ses clients à mentir en cour, contre paiement. Le rapport mentionne son client Bottesoie, mais aussi sa cliente Parweeza Jeeva, arrêtée dans une affaire de trafic de drogue en rapport avec le caïd Peroomal Veeren. Le même qui a dit, devant la commission drogue, être devenu trafiquant derrière les barreaux pour payer les frais d’avocats.

Drogue et financement de sa campagne 

Raouf Gulbul est aussi associé à des financements occultes lors des campagnes électorales. L’instance relève l’incident de St-Pierre où, en pleine campagne électorale, l’avocat aurait reçu une somme considérable d’un trafiquant de drogue. Celle-ci devait servir à financer sa campagne.

Son rôle à la GRA montré du doigt 

La commission reproche également à l’avocat de n’avoir rien fait pour empêcher le blanchiment d’argent dans les casinos et les courses de chevaux, alors qu’il était à la tête de la Gambling Regulatory Authority.  

Sa femme, son paravent 

Raouf Gulbul se cacherait-il derrière la notoriété de son épouse, juge à la Cour suprême ? En tout cas, la commission relève que des juniors ont affirmé avoir fait confiance à l’avocat de par la réputation de son épouse.

Enquête approfondie et audit des comptes 

La commission drogue est d’avis que l’avocat aurait commis de graves erreurs si les informations qu’elle divulgue s’avèrent justes. Par conséquent, elle réclame une enquête approfondie et un audit des comptes de l’homme de loi.

* En page 8 de notre edition de ce samedi, nous avons malencontreusement fait une grossière erreur en utilisant le mot ‘trafiquant’ ce qui n’est d’evidence pas Me Gulbul à la lecture du rapport Lam Shang Leen. Nous lui présentons nos plus plates excuses.

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Le rapport de la commission d’enquête sur la drogue a été rendu public vendredi 27 juillet. Et les répercussions sont nombreuses. Le barreau notamment y est mis à mal ; les noms de plusieurs avocats, dont Me Raouf Gulbul, sont cités, la commission Lam Shang Leen recommandant des enquêtes approfondies. Le gouvernement n’est pas non plus sorti indemne. Cités dans le rapport, la ministre Roubina Jadoo-Jaunbocus et le Deputy Speaker Sanjeev Teeluckdharry ont dû «step down». Diverses institutions sont également montrées du doigt.

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