Lewis Dick a sculpté la branche à laquelle il voulait se pendre

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En 2002, Lewis Dick crée l’atelier sculpture de Bambous, pour donner leur chance aux élèves qui ne peuvent pas poursuivre des études universitaires.

En 2002, Lewis Dick crée l’atelier sculpture de Bambous, pour donner leur chance aux élèves qui ne peuvent pas poursuivre des études universitaires.

Sa tentative de suicide lui a sauvé la vie. Lewis Dick, 65 ans, cache un véritable héritage artistique. Tout n’a pas été rose pour lui. Mais il a su faire face aux aléas de la vie pour devenir un sculpteur chevronné dont les mérites sont reconnus dans le monde. Malgré le succès, Lewis Dick est resté un homme simple, humble est très sympathique.

Dans les années 80, il vivait dans la misère, sans emploi. Lewis Dick n’avait pas les moyens de subvenir aux besoins de sa famille. Tout a commencé à la Noël. Ce qu’il a dû faire restera à jamais gravé dans sa mémoire. Mais c’est ce qui lui a permis de se faire connaître. «Mo ti pé al swisid mwa akoz mo pas ti éna kas pou swagn mo madam ek mo dé zanfan enn gran nwel mo zanfan péna kado.»

 
 

Au moment de nouer la corde autour d’une branche pour commettre l’irréparable, il vient une image. La branche se transforme en enfant. Sans perdre de temps, il casse la branche. Elle comprend quatre fourches, qui seront les bras et les jambes et une sorte de boule en haut qui représentera la tête de la poupée.

Du coup, l’idée de se suicider s’évanouie. La poupée, qu’il sculpte pour ses enfants, prend peu à peu vie grâce à un tournevis, seul outil que Lewis Dick a sous la main. «Mo léker in bien kontan dan sa momanla, mo ban zanfan in gagn enn zwé é mo finn met sa ant zot kan zot ti pé dormi aswar

À ce moment-là, Lewis Dick comprend qu’il est doué pour la sculpture. Il réalise qu’il pouvait se faire de l’argent grâce à ce talent. «La mo finn aret pans mové, monn désid pou fer viv mo fami.» Il commence par fabriquer de petits objets qui trouvent vite preneur. Rien ne peut l’arrêter.

En 2002, Lewis Dick crée l’atelier sculpture de Bambous, pour donner leur chance aux élèves qui ne peuvent pas poursuivre des études universitaires. L’objectif de cette école est de leur dispenser une formation. Selon le sculpteur, certains élèves ont un passé difficile et, à travers la sculpture, ils ont la chance de reprendre vie. Depuis sa création, l’atelier Bambous s’est forgé une réputation qui n’a pas diminué au fil des ans. Aujourd’hui, il accueille environ 2 000 personnes de tout âge par mois.

Les talents de Lewis Dick dépassent par la suite les frontières. Il est maintenant reconnu à travers le monde. Il a voyagé dans environ 45 pays dont la Suisse, l’Australie, les États-Unis, la France, Hawaii, la Chine, la Thaïlande… Le talentueux sculpteur participe en outre à plusieurs symposiums et anime des conférences. Il travaille également dans plusieurs établissements de l’île tels que le foyer Père Laval, l’école Anous Grandi. Aujourd’hui, Lewis Dick est un homme comblé.

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