Pouvoirs délégués de la PSC: recrutements controversés à l’hôpital Nehru

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Le recrutement de la Santé, il y a une semaine à l’hôpital Nehru, a été effectué à travers les pouvoirs délégués de la PSC.

  Le recrutement de la Santé, il y a une semaine à l’hôpital Nehru, a été effectué à travers les pouvoirs délégués de la PSC.  

Qui a sélectionné les recrues à l’hôpital Jawaharlal Nehru, Rose-Belle ? Au sein de l’établissement de santé, on n’y va pas par quatre chemins pour démontrer à quel point un recrutement effectué la semaine dernière suscite l’indignation.

Il s’agit d’une cinquantaine de General Workers qui viennent de recevoir leur lettre d’embauche sur une base contractuelle par le ministère de la Santé. Ces recrutements ont été faits à travers les «delegated powers» de la Public Service Commission (PSC).

Dans les milieux concernés, la frustration est à son comble. «Plein de gens peinent à trouver un boulot. Quels sont les critères qui ont été appliqués pour recruter ces gens ?» se demande-t-on à l’hôpital.

L’express a obtenu une copie de la liste de ces nouvelles recrues. Et une première analyse démontre que pas moins de dix personnes embauchées proviennent du n°13, Rivière-des-Anguilles–Souillac. Circonscription où les agents du Muvman Liberater travaillent activement depuis un moment. Selon plusieurs sources, ce parti voudrait y aligner une personnalité affectée actuellement dans un parapublic aux prochaines élections.

Ce n’est pas la première fois que les pouvoirs délégués de la PSC font polémique. En 2015, peu après l’arrivée au pouvoir de l’alliance Lepep, 60 médecins avaient été recrutés

selon ce même système, sur une base contractuelle. Parmi ces nouvelles recrues, figuraient plusieurs proches du pouvoir. D’ailleurs, l’ex-leader de l’opposition, Paul Bérenger, avait évoqué ce sujet lors d’une Private Notice Question.

Ce qui est surtout décrié dans ce mode de recrutement, c’est l’absence de transparence. Ce qui fait dire à plusieurs qu’il est temps de mettre fin à cette pratique. À l’instar de Pitch Venkatasawmy, ancien membre de la PSC et membre de Think Mauritius. «Ce sera difficile, mais il faut trouver un moyen d’arrêter de déléguer ce type de pouvoirs.» D’ajouter qu’à la place, «on peut mettre un comité parlementaire composé des membres du gouvernement et de l’opposition pour revoir toutes les nominations».

Qu’en pense la PSC ? Dans les milieux proches de cette entité, on laisse entendre que les pouvoirs délégués existent depuis 1967. Et qu’au moins 35 % des recrutements des «minor grades» se font à travers ce système. La PSC devrait-elle reprendre ses pouvoirs ? On répond qu’il s’agit d’une «policy decision». Si elle est ratifiée, la PSC devra alors s’y conformer.

Un ancien responsable de la PSC explique que ce système a été créé pour diminuer la charge de travail de cette instance. L’institution serait, en effet, sous pression, car chargée d’un nombre considérable de recrutements dans la fonction publique. Des recrutements qui, souvent, se font dans un court délai. «La liste sélectionnée par le ministère doit, quoi qu’il arrive, être approuvée par la PSC. Mais aujourd’hui, cet outil devient de plus en plus politique. Dans le passé, trois listes avaient été soumises à différentes reprises. La raison ? Le ministre avait changé. Ce qui prouve qu’il y a des critères politiques qui entrent en jeu», insiste cet ancien responsable.

Pourtant, ces recrutements sont examinés par un panel composé de hauts gradés. Mais, souvent, c’est le ministre de tutelle qui a le dernier mot. «Il incombe aux responsables d’assumer leurs responsabilités. Mais ce serait bien que la PSC reprenne ses pouvoirs», indique-t-on.

Interrogé, le ministère de la Santé avance «qu’il n’y a aucun problème avec les recrutements» et que les pouvoirs délégués de la PSC ne posent pas problème.

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