Offre d’emploi en Arabie Saoudite: et si c’était un moyen de pression pour Soodhun?

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 Le prince Salmane aurait offert un poste d’ambassadeur itinérant en Afrique à Showkutally Soodhun.

 Le prince Salmane aurait offert un poste d’ambassadeur itinérant en Afrique à Showkutally Soodhun. 

Le bouillant député du n°15, La Caverne–Phoenix, refait parler de lui. Une offre d’être ambassadeur itinérant d’Arabie saoudite et voilà que plane l’ombre d’un départ du Parlement…

«C’est une offre difficile à refuser», affirme-t-on dans l’entourage de Showkutally Soodhun. En précisant que le poste lui aurait été proposé par l’Arabie saoudite et que cela témoignerait, une nouvelle fois, de la marque de confiance du prince Mohammed ben Salmane Al Saoud (NdlR, héritier du trône et fils du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud) vis-àvis du député du MSM.

Si l’ex-vice-Premier ministre n’a pas encore arrêté de décision, c’est parce qu’il attendrait une réaction du Premier ministre. Pravind Jugnauth aurait été informé de cette proposition à son retour au pays, lundi 23 juillet. Une des options de Showkutally Soodhun, s’il accepte la mission qui lui aurait été proposée, serait de démissionner du Parlement…

«Si les implications de cette éventuelle démission n’étaient pas aussi importantes sur l’échiquier politique, le Premier ministre n’aurait pas hésité à le laisser partir.»

Le député Soodhun, qui n’était pas présent au Parlement mardi 24 juillet, serait ainsi en mode réflexion, après avoir pris connaissance des conditions et privilèges attachés à ce poste de représentant diplomatique itinérant de l’Arabie saoudite, assorti, selon ses dires, d’un salaire de 500 000 dollars, soit plus de Rs 17 millions par mois. Même s’il bénéficiera également d’une résidence à Riyad, il sera chargé de mener sa mission à l’étranger, notamment dans des pays africains, au nom du royaume.

Au Prime Minister’s Office, on se refuse de qualifier la situation d’inquiétante. «Il ne s’agit que d’une menace de démission pour l’heure et rien de plus», soutient un conseiller du Premier ministre. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que le président du MSM brandit la menace d’un départ du Parlement. Il avait déjà fait part d’une offre d’emploi pour un poste au Bureau international du travail, dans le passé.

«Showkutally Soodhun avait également espéré retrouver son fauteuil ministériel, et sa place de no.4 du gouvernement. Mais plusieurs mois après, il est toujours backbencher.»

Selon nos informations, cette proposition qui aurait été faite à l’élu du n°15, La Caverne–Phoenix, est perçue comme un moyen de pression. Cela aurait eu le don d’exaspérer l’entourage de Pravind Jugnauth, qui ne souhaiterait pas une seconde élection partielle après celle du n°18, Belle-Rose–Quatre-Bornes, en décembre dernier. Le MSM n’avait pas aligné de candidat après la démission de l’ancien orange Roshi Bhadain.

En effet, si le président du MSM décide d’aller voir ailleurs, une des options qu’il pourrait considérer serait une démission de l’Assemblée nationale. «Si les implications de cette éventuelle démission n’étaient pas aussi importantes sur l’échiquier politique, le Premier ministre n’aurait pas hésité à le laisser partir», commente un ministre.

Showkutally Soodhun, éclaboussé récemment dans une nouvelle polémique autour bail sur 2 000 m2 de Pas géométriques pieds dans l’eau, à Grand-Baie, serait considéré comme un boulet au pied du Premier ministre. Des allégations de favoritisme envers son fils, pour la vente de cette propriété à hauteur de Rs 48 millions, auraient d’ailleurs contribué à approfondir le malaise auprès de son leader. Les relations entre les deux hommes se seraient dégradées depuis l’année dernière, depuis propos sectaires attribués à Showkutally Soodhunqui auraient été tenus lors d’une réunion dans la salle de conseil du ministère du Logement et des terres, concernant l’allocation de maisons de la National Housing Development Company. L’incident ayant soulevé un tollé général, le Premier ministre n’avait eu d’autre choix que de réclamer la démission de son vice-Premier ministre.

«Cet épisode, mais surtout le fait d’avoir été lâché par Pravind Jugnauth, avait grandement déçu et affecté Showkutally Soodhun», relate l’un de ses proches. À ses collaborateurs, le député avait regretté le manque de soutien du chef du gouvernement. Showkutally Soodhun avait également espéré retrouver son fauteuil ministériel, et sa place de no.4 du gouvernement. Mais plusieurs mois après, il est toujours backbencher. Et selon les indications provenant du Bâtiment du trésor, sa situation ne risque pas de changer.

Il avait fallu, à l’époque, l’intervention du ministre mentor, sir Anerood Jugnauth (SAJ), pour éviter que les choses s’enveniment. Cette fois encore, c’est SAJ qui tente de convaincre son protégé de ne pas claquer la porte, du moins pas avant les prochaines élections générales. «D’ailleurs, il ne serait pas utile à cette échéance», selon certains, en faisant référence au président du MSM. Showkutally Soodhun ne devrait pas, selon toute vraisemblance, être candidat en cas de la concrétisation d’une alliance MSM-MMM…

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