Frère et soeur cordonniers: Cyril et Devika font la paire

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Pour Cyril Eulalie et Devika Beemul, la satisfaction des clients est primordiale.

Pour Cyril Eulalie et Devika Beemul, la satisfaction des clients est primordiale.

«Je n’ai jamais été à l’école», dit simplement Cyril Eulalie, 53 ans. Et s’il a fait plusieurs petits boulots pour s’en sortir, dont aide chauffeur et laboureur, il s’est donné pour objectif d’avoir une vie stable et fonder une famille. C’est ainsi qu’il s’est tourné vers la cordonnerie. Un métier qu’il exerce depuis maintenant 35 ans. Et depuis trois ans, sa soeur Devika Beemul l’a rejoint.

Leur petit atelier est situé sur la route principale de Bel-Air-Rivière-Sèche. Et ne désemplit pas. La spécialité de l’atelier : la réparation des chaussures et sacs. «Je n’ai jamais pensé à fabriquer des chaussures. De plus, je n’ai pas de temps avec tout le travail que l’on reçoit», dit le quinquagénaire.

En effet, Cyril Eulalie et Devika Beemul n’ont pas une minute à perdre. Sur place, nous constatons que deux clients attendent patiemment leurs chaussures.

«Je suis très reconnaissant. C’est grâce à ce métier que j’ai fondé une famille et que j’ai élevé mes enfants.»

Au dire de Rajesh Seegoolam, un des clients, Cyril Eulalie et Devika Beemul sont indispensables dans le village. «Il m’arrive des fois de faire réparer des chaussures neuves ; je suis rassuré quand Cyril les répare. D’ailleurs, aujourd’hui, je suis venu faire réparer la savate de ma belle-sœur. Elle s’est cassée alors qu’elle est venue nous rendre visite. Heureusement que Cyril et Devika sont là!»

Assis sur une chaise, à coudre une chaussure, Cyril Eulalie remonte le temps et raconte comment cette aventure a commencé. «Comme je n’ai jamais été à l’école, il m’était difficile de trouver un emploi stable. Alors, j’ai décidé d’apprendre un métier et je suis allé voir un cordonnier à Flacq. Je suis resté à ses côtés pendant plusieurs années et j’ai suivi ses instructions à la lettre.»

Après le décès de son patron, il décide de louer un bâtiment afin d’ouvrir un petit atelier. Et depuis, il est resté au service des habitants de la région. «Je suis très reconnaissant. C’est grâce à ce métier que j’ai fondé une famille et que j’ai élevé mes enfants.»

Devika Beemul a rejoint son frère il y a trois ans. Âgée de 38 ans, cette mère de famille confie avoir passé plusieurs années dans l’hôtellerie. «À l’hôtel, mon emploi du temps était trop chargé et j’avais moins de temps à consacrer à ma famille. Heureusement que mon frère m’a suggéré de venir travailler avec lui.»

Elle affirme ne pas avoir pris beaucoup de temps pour apprendre le métier car son frère l’a beaucoup soutenue. Pour Devika Beemul, être cordonnière est un métier idéal car il lui permet de mieux équilibrer son temps de travail et sa vie de famille.

En effet, frère et sœur commencent le travail à 9 heures le matin pour terminer vers 16 heures. «Ce métier est en voie de disparition. Mais le travail marche à merveille. Des fois, on a tellement de commandes qu’on rate l’heure du déjeuner», confie Cyril Eulalie.

Frère et soeur sont heureux car progressivement, leur gagne-pain s’est révélé une passion commune. «Je ne me vois pas faire un autre métier ; cela fait partie de ma vie», dit Cyril Eulalie.

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