Elections villageoises : séquestrations, intimidations et corruption : tous les coups sont permis

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 (photo d’illustration) Lors des élections villageoises, toute une série de manœuvres sont pratiquées pour s’assurer des votes.

 (photo d’illustration) Lors des élections villageoises, toute une série de manœuvres sont pratiquées pour s’assurer des votes. 

Les séquestrations, au fil des ans, ne sont pas si rares dans les conseils de districts ou de villages. Principalement au moment des élections villageoises, qui conduisent, après, aux nominations au niveau des conseils de district. La plus récente remonte à mardi 17 juillet, lorsque le conseiller Hansraj Sorbun, de Sébastopol, a été interrogé par un policier au moment du vote d’une motion de blâme contre le président.

Des conseillers de Rivière-du-Rempart et Moka racontent. Le plus récent cas de «séquestration» remonte à 2016, lors des élections présidentielles dans le conseil de district de Rivière-du-Rempart. Deux équipes s’affrontaient pour être élues. Et pour qu’il n’y ait pas de «bribe sou tapi» ou d’intimidation envers les membres par la partie adverse, une des équipes avait «séquestré» ses 11 membres dans un campement à Roches-Noires. «Nou fer sa pou ki tou dimounn ress fidel ek zot swa. Ena kass ki marsé kan ena eleksion. Nous évitons ainsi que la partie adverse ne propose de l’argent à nos membres pour changer de clan ou de vote.»

De plus, lors de ces «séquestrations», les téléphones portables sont interdits. «Nou tou tegn nou portab. Ou enn parmi ramass tou bann portab. Me li osi bazé lor konfians.» Ce n’est que 15 minutes avant les élections ou carrément après avoir voté qu’ils peuvent passer leurs appels. Qui plus est, les conseillers se font escorter le jour des élections. «Tou bann dimounn dan mem parti al dan enn sel transpor ek rant ensam.»

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Il y a aussi des cas plus extrêmes. «Sa kan parti la trouvé ki enn so bann mam kapav van li.» Le parti n’hésite pas à payer plusieurs milliers de roupies pour envoyer un de ses membres à l’étranger afin que la partie adverse n’ait pas du tout contact avec le conseiller. «Je connais des personnes qui sont déjà parties à La Réunion pour qu’elles ne soient pas tentées de changer de bord.»

D’autres se tournent vers des astuces moins coûteuses mais tout aussi efficaces pour obtenir les votes requis. «Ils payent toutes les factures qu’il faut, l’électricité, l’eau. Comme ça, impossible de leur tourner le dos.» D’autres conseillers se voient offrir de grosses sommes d’argent, allant jusqu’à Rs 100 000 dans certains cas, pour voter pour une personne qui aspire au poste de président du conseil.

De l’intimidation, il y en a aussi, surtout au niveau politique. «Des agents de tel ou tel parti viennent devant votre porte.» Cela pour persuader le conseiller de choisir une couleur politique.  

D’ailleurs, au préalable, des mots d’ordre circulent avant les élections. Les membres d’un parti politique donnent déjà l’ordre de voter pour tel ou tel candidat. 

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