Sébastopol: le président du village démissionne

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 Le conseil de district de Moka compte un membre en moins.

Le conseil de district de Moka compte un membre en moins.

La «séquestration» du conseiller Hansraj Sobrun n’est pas restée sans conséquence. Le président de Sébastopol, Mohit Somaroo, a démissionné de son plein gré jeudi 19 juillet en tant que président du conseil de village.

Le lendemain, soit le vendredi 20 juillet, il a officiellement démissionné comme membre du conseil de district de Moka. «Cela signifie qu’il n’est plus un membre de notre institution, il n’est plus rien», souligne une source émanant du conseil.

Sollicité pour une réaction, Mohit Somaroo n’a pas voulu réagir. «Mo éna fami kot mwa la. Apré mo pou koz ek ou», a-t-il simplement laissé comprendre.

Hansraj Sobrun, membre du conseil du village de Sébastopol, a porté plainte mardi au poste de police de Montagne-Blanche contre un policier de la Criminal Investigation Division (CID) pour l’avoir séquestré, afin qu’il ne vote pas une motion de blâme contre le président de ce village. Selon des sources proches du dossier, le policier incriminé dans le cas de séquestration présumée de Hansraj Sobrun ne serait nul autre que le cousin de Mohit Somaroo.

Sollicité hier soir après le mariage de sa fille, Hansraj Sobrun dit ne pas comprendre pourquoi Mohit Somaroo démissionne maintenant. «Est-ce sa conscience qui le lui reproche ?»

Cet incident risque aussi d’avoir de gros impacts sur le conseil de district de Flacq.

Les raisons de la motion de blâme contre Mohit Somaroo

Mohit Somaroo est le président du village de Sébastopol depuis le 5 janvier 2018. Il a fait l’objet d’une motion de blâme la semaine dernière après que les autres conseillers ont eu des reproches de la part des habitants. «Il y avait un Eid Gathering il y a deux semaines et à cette occasion, les gens nous ont fait comprendre que cela faisait six mois qu’il était président et qu’il ne contribuait pas au développement du village», explique-t-on.

De plus, Mohit Somaroo a fait face à plusieurs affaires policières. Le 14 décembre 2012, soit deux jours après les élections villageoises, il avait été arrêté pour possession de cannabis. Récemment, il a payé une amende de Rs 75 000 pour paris illégaux.

Retour sur les événements

Hansraj Sobrun nous a affirmé vendredi avoir toujours œuvré dans le social et être un homme de terrain. Il explique qu’un enquêteur de la CID aurait pris contact au téléphone avec lui, dans le but de monter un subterfuge pour l’empêcher de participer à un vote pour destituer Mohit Somaroo. Il a porté plainte mardi contre ce dernier. «Mon vote était déterminant pour renverser le président Mohit Somaroo

Le policier lui aurait fait comprendre qu’il devait le rejoindre. «Il m’a dit qu’il voulait parler d’un vol de bijoux. Il voulait savoir si quelqu’un était venu me voir pour écouler le butin.»

Il aurait expliqué au policier qu’il n’a jamais acheté de bijoux. «Il m’a conduit dans un champ de canne non loin de la maison et m’a demandé d’éteindre mon portable. Une heure après, il m’a laissé partir. Les conseillers ont essayé de m’appeler mais n’ont pu m’avoir au téléphone. On était déjà passé au vote car il ne manquait que le mien pour destituer le président. Cela n’a pu se faire. Mo pa ti atann sa kalité boykot.»

Kailash Boyratee: «Mo pou veyé ki tou fer dan transparans»

Kailash Boyratee est un ancien inspecteur comptant plus de 30 ans dans la police. Le président du conseil de district de Savanne, Kamalsaw Gujadhur, l’a révoqué de toutes les instances, soit en tant que Chairperson de la Public Infrastructure Commissiondu conseil et comme membre exécutif.

Dans les jours à venir, il souhaite avoir recours à l’Independent Commission against Corruption (ICAC) pour «victimisation». «Le président n’accepte pas que j’ai rapporté un cas à l’ICAC. Il en conclut que je l’ai attaqué dans le dos. J’ai tout fait dans la transparence. Je vais continuer à veiller que tout soit fait dans la transparence.»

Cette révocation part d’un contrat octroyé au highest bidder, faisant fi de la recommandation du Bid Evaluation Committee. «L’offre la plus élevée était de Rs 506 000, par Construction and Material Handling Ltd. Agri Plus Ltd avait proposé Rs 124 200 pour des bétonneuses fabriquées en Chine. Elles avaient été recommandées par le Bid Evaluation Committee. Aller à son encontre est illégal.»

Sollicité pour une réaction à ce propos, le président du conseil Kamalsaw Gujadhur s’est refusé à tout commentaire. «Pou tou respé ki mo éna pou ou zournal, mo pa pou dir nanié aster la», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter toutefois qu’il attend à ce que l’ICAC fasse son enquête comme «une institution indépendante».

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