Law and Order: ces policiers qui se retrouvent sur le banc des accusés

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Ils seraient une poignée de têtes brûlées à ternir l’image de la police.

Ils seraient une poignée de têtes brûlées à ternir l’image de la police.

Ils sont impliqués dans des cas de vol, voire de drogue. Font des blagues douteuses. Et lancent des propos racistes à tout va. Ils sont les moutons noirs de la force policière. Ces policiers, dit-on, donnent une mauvaise image de cette fonction. Malgré les promesses du commissaire de police, du ministre mentor ou encore du Premier ministre de nettoyer la force policière des «brebis galeuses», celles-ci ne cessent de faire la une.

Selon ceux du milieu, ils sont une poignée de têtes brûlées à ternir l’image de la police. Payés pour faire régner l’ordre, ces policiers se retrouvent de plus en plus souvent sur le banc des accusés. «C’est un problème de société. Il n’y a pas les mêmes valeurs qu’avant», explique un proche collaborateur de la force policière.

Il affirme que le problème est plus profond et que le gouvernement devra, tôt ou tard, se décider à mettre en place une commission d’enquête sur la drogue. Il cite l’affaire Lutchigadoo, où un policier affecté au centre de détention de Vacoas a permis au détenu de quitter sa cellule en douce. «Pensez à l’affaire Hurreechurn (NdlR, le policier Arvind Hurreechurn, qui avait été arrêté avec Rs 35 millions d’héroïne alors qu’il revenait de Madagascar, s’est donné la mort dans sa cellule). Cela donne froid dans le dos. Qui nous dit que des personnes extérieures n’ont pas eu accès à sa cellule ?» s’interroge-t-il.

Notre interlocuteur soutient qu’aujourd’hui, il n’y a pas le respect de l’uniforme et le sens du devoir, comme c’était le cas avant. «Vous savez, aujourd’hui, ils se laissent tenter par l’argent facile. D’où le nombre de policiers arrêtés pour des affaires de drogue», avance-t-il. Avant, déclare notre interlocuteur, être policier était une vocation alors qu’aujourd’hui, c’est devenu un «travail banal». «Pir, aster-la, kan pa gagn travay lézot plas, rant dan lapolis san pasion», fustige-t-il. Selon lui, la formation dont bénéficient les policiers poserait également problème.

Formation rude et physique

Des dires que confirme un policier qui compte plus de 15 ans d’expérience. «De mon temps, la formation était très rude et physique. Mais il y a eu des plaintes et des menaces de suicide. Dépi sa, training inn diminié par 50 %», explique ce policier. De plus, le salaire «bas» et le fait que les officiiers n’ont pas le droit de travailler ailleurs en seraient également la cause, selon lui. «Get kan démann bann proféser al fer invigilator. Zot gagn kas an plis. Ou pandan éleksion prézidan vilaz sak lané, kan bann dimounn dépi komision élektoral vini, zot gagn kas an plis. Nou, sa kont kouma travay normal mem ek pa gagn alokasion», fait-il valoir. Selon le policier, ce sont toutes ces raisons qui font que certains franchissent la ligne.

Sollicité, un responsable de la police explique que dès qu’un officier est accusé provisoirement, les procédures pour sa suspension sont enclenchées. «Quant au recrutement, c’est la Disciplined Forces Service Commission qui s’en occupe. Ils ont des critères et veillent que tout soit respecté», souligne-t-il.

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