Un mois de prison pour avoir tué un cycliste: Jeannot «indigné»

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Le cycliste Jérôme Tennant a été mortellement percuté par une voiture à Nouvelle-France, le 10 mai 2012.

Le cycliste Jérôme Tennant a été mortellement percuté par une voiture à Nouvelle-France, le 10 mai 2012.

Aberrante. C’est ainsi qu’Alain Jeannot, de l’organisation non gouvernementale (ONG) Prévention routière avant tout (PRAT), qualifie la sentence d’un mois de prison dont a écopé Dheeraj Takooree, mercredi, pour avoir tué le cycliste Jérôme Joseph Alain Tennant et blessé deux autres personnes, Philippe Colin et David Bathfield.

Cette affaire remonte au 10 mai 2012, à Nouvelle-France. Non seulement le soudeur de 39 ans n’avait pas rapporté l’accident au poste de police le plus proche, mais il était également sous l’influence de l’alcool, avec 78 microgrammes d’alcool par litre d’air expiré. «Je suis indigné, écœuré par la sentence d’un mois de prison», lâche Alain Jeannot. «Que diront les gens ? À quoi bon avoir des lois ? C’est de l’humour noir…»

Interrogé, Me Yousuf Mohamed affirme, pour sa part, qu’imposer une sentence revient à la discrétion du magistrat. De préciser que plusieurs facteurs ont certainement été pris en considération. «Peut-être qu’il (NdlR, Dheeraj Takooree) n’avait pas d’antécédents. Mais 78 microgrammes d’alcool, c’est beaucoup», fait-il ressortir. Avant d’ajouter qu’avec la loi qui sera amendée, les sentences seront bien plus lourdes.

Même son de cloche du côté d’un procureur de la police. Ce dernier est surpris d’une telle sentence, d’autant plus qu’il y a eu mort d’homme et que le taux d’alcool était plus de trois fois supérieur au seuil autorisé. Mais il concède que la décision est à la discrétion du magistrat. Du côté de la Traffic Branch, l’on affirme que la police fait des enquêtes qu’elle envoie au bureau du Directeur des poursuites publiques. Et c’est à celui-ci de décider s’il y a poursuite ou pas.

La loi est toutefois claire à ce sujet. La première fois qu’une personne est prise avec un taux d’alcool supérieur à la limite autorisée, elle écopera d’une amende de Rs 10 000 et verra son permis suspendu pour une période de huit mois. Si la personne récidive, elle sera condamnée à pas moins de six mois de prison et pas plus de 12 mois et devra payer une amende entre Rs 20 000 et Rs 50 000.

 Le conducteur doit restituer son permis aux Casernes centrales et ce n’est qu’à la fin de la suspension qu’il pourra le récupérer sans avoir à faire de test. En cas de retrait définitif du permis pendant une certaine période, la personne doit repasser les examens de conduite en vue d’obtenir un nouveau permis.

Cependant, avec les amendements à la Road Traffic Act, les sentences devraient être plus lourdes pour ceux qui conduisent sous l’influence de l’alcool. En effet, un verre de bière ou encore un peg de whisky sera suffisant pour qu’un conducteur soit pris en contravention s’il prend la route juste après. Le taux d’alcool autorisé au volant sera réduit de 50 milligrammes à 20 milligrammes par 100 millilitres de sang, a indiqué le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, au Parlement, mardi. C’était lors de la présentation du Road Traffic (Amendment) Bill.

Entre décembre 2016 et janvier 2018, 2 354 contraventions ont été établies contre des chauffeurs ayant consommé de l’alcool avant de prendre le volant. De ce nombre, 1 444 affichaient un taux d’alcool deux fois supérieur au seuil autorisé.

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