Kamil Ramoly: une retraite loin de la politique

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Kamil Ramoly passe la plupart de son temps chez lui, dans ses salons, superbement décorés de magnifiques tableaux et sculptures que lui a laissés feue son épouse, une grande artiste d’origine est-africaine.

Kamil Ramoly passe la plupart de son temps chez lui, dans ses salons, superbement décorés de magnifiques tableaux et sculptures que lui a laissés feue son épouse, une grande artiste d’origine est-africaine.

«Et le sourire revient.» C’est avec ce titre du premier long-métrage mauricien, réalisé par le cinéaste Ramesh Tekoit, que les amis de Kamil Ramoly l’accueillent à chaque fois que ce dernier les retrouve après une absence prolongée. L’ancien ministre des Collectivités locales, Gorah pour les intimes, qui avait fait partie du casting, le prend bien. Le septuagénaire est toujours souriant.

Comment l’ancien membre du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), deux fois député correctif, passe-t-il ses journées ? «Quelques problèmes de santé limitent ma mobilité, mais je mène une vie bien réglée», répond Kamil Ramoly. Les proches du politicien, à la retraite, confirment. «Papa est strict sur ses exercices quotidiens et les heures de la prise des médicaments et des repas», fait remarquer son fils.

Kamil Ramoly passe la plupart de son temps chez lui, dans ses salons, superbement décorés de magnifiques tableaux et sculptures que lui a laissés feue son épouse, une grande artiste d’origine est-africaine. On sent le veuf très ému à chaque fois qu’il se met devant une des œuvres d’art qui agrémentent l’intérieur de sa maison.
L’ancien ministre n’est plus en contact avec le monde politique. Assez souvent quelques amis, dont l’ancien secrétaire parlementaire privé Suresh Ratacharen, lui rendent visite. Et c’est lors de ces échanges amicaux que l’ancien parlementaire évoque parfois des sujets qui touchent à la politique. Autrement, ces retrouvailles permettent à Kamil Ramoly de se replonger dans l’ambiance bollywoodienne, en fredonnant quelques morceaux chantés dans des films d’antan.

Le septuagénaire raconte que dans les années 70, il n’avait pas du tout l’intention de faire de la politique active, encore moins au sein du PMSD. «Je ne connaissais pas personnellement Gaëtan Duval. J’étais président du syndicat des enseignants du secondaire et mes activités ne me rapprochaient pas du PMSD», souligne-t-il.

Talents d’orateur

En vérité, c’est son ami Coco Gowrisunkur, un proche du leader des Bleus, qui l’inscrit au PMSD. «Je n’étais même pas à Maurice quand il l’a fait», admet l’exparlementaire. Une fois rentré à Maurice, Kamil Ramoly comprend que ce sont ses talents d’orateur qui ont poussé son ami Coco à l’encarter au parti de Gaëtan Duval. Le jeune enseignant de l’Islamic College avait, dans le temps, fait du théâtre et participé aux débats organisés, à l’époque, par le ministère de la Jeunesse.

C’est ainsi que Kamil Ramoly est invité à prendre la parole, juste avant le leader, lors d’une réunion à Rivière-des-Anguilles.Le jeune enseignant accepte. Il impressionne l’audience et les dirigeants du parti. Sur le champ, on lui propose d’être candidat dans la circonscription. Ramoly décline. Mais Da Patten, un cacique du PMSD, parvient à le convaincre de se présenter à Port-Louis.

Candidat malheureux aux élections générales de décembre 1976 dans la circonscription no 2, Port-Louis-Sud-Port-Louis Centre, Kamil Ramoly est repêché par le système Best Loser. Il est aussitôt nommé secrétaire parlementaire rattaché au ministère des Collectivités locales. Quand deux ans plus tard Maurice Espitalier-Noël, le ministre titulaire, démissionne, c’est en toute logique que le portefeuille échoit à Kamil Ramoly.

L’ex-parlementaire est apprécié pour ses qualités d’orateur. Il se souvient encore de ses interventions dans des forums internationaux, dont des conférences de la Commonwealth Parliamentary Association à la Jamaïque et dans des pays d’Afrique.

Le ministre sortant est balayé par la vague mauve du premier 60-0, en 1982. Cependant, il a la chance de figurer à nouveau parmi les députés correctifs aux élections anticipées d’août 1983. Il siège comme backbencher jusqu’en 1987, quand il met fin à son engagement politique pour se consacrer à sa famille.

Son parcours

1963-1969 : Études universitaires en Inde ;
1969-1976 : Enseignant à l’Islamic College ;
1976-1982 : Député correctif ;
1979-1982 : Ministre des Collectivités locales ;
1982 : Candidat battu dans la circonscription no 2 ;
1983-1987 : Nommé député correctif.

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