Ils ont du métier: Jugesh Bisnauth et ses grosses papayes

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Les papayes «solo» de Jugesh Bisnauth.

Les papayes «solo» de Jugesh Bisnauth.

Le parfum des épices pique agréablement le nez. Fruits et légumes affichent de superbes couleurs. Ils sont en pleine forme, respirent la santé. Les papayes «solo» de Jugesh Bisnauth aussi. Belles et grosses – pas «maf» pour un sou –, elles en mettent plein la vue à ceux qui font le marché au sein du bazar de Port-Louis.

 Leurs graines scintillent comme l’iris de quelque œil gris. La chair orange est sucrée et parfumée, assure le marchand. Sa peau à lui est fraîche, c’est ce qui arrive quand on mange sain, rigole Jugesh, 50 ans. Des boulots, il en a fait pas mal. Dans une autre vie, il a travaillé en Europe, dans la construction. Puis, il a été chauffeur.

 Il y a sept ans, les circonstances et le business familial l’ont finalement conduit aux papayes. Il vend également, entre autres, du maïs, des grenadines, de l’amla – excellent pour les diabétiques, précise notre homme. Son chiffre d’affaires mensuel, lui, est loin d’être dans les choux. Il oscille entre Rs 10 000 et Rs 15 000. «Pa pou koz ou manti, dé tout fason, pa kapav viv avek Rs 5 000 dé no zour.» Il n’est pas du genre à raconter des salades.

Les clients répondent favorablement aux appels des marchands qui essaient de les «met dan siro». Le froid n’entame en rien la chaleur humaine ambiante. Dans un «coing», une radio chante à tuetête. Décidément, «Gazab ka hai din» (NdlR, c’est une belle journée). Jugesh a le sourire. «La, zafer pé mars korek. Kan péna travay, lerla li vinn inpé boring.» Quand il ne travaille pas de 7 à 16 heures, 7 jours sur 7, qu’il ne s’ennuie pas trop, il aime passer du temps avec ses enfants âgés de 9, 21 et 24 ans. «Mé pa gagn létan relax mem ek travay-la.»

Son futur, il le voit avec ses papayes, ses autres fruits locaux, qui se raréfient. Pour aller les chercher, cet habitant de Brisée-Verdière se rend à Flacq ou dans le Nord, dans «karo. Mo pran dan bann lavant ousi».

 Sur les étals, des ananas petits mais costauds sont installés en rang d’oignon. Les passants les dégustent avec les yeux dans un premier temps, avant de mettre la main à la poche. Les fruits de Jugesh n’ont pas le temps de faire le poireau, ils trouvent rapidement preneur.

Ses projets ? Faire en sorte que ses enfants voient la vie en rose pitaya. Puis, pourquoi pas, voir d’autres pays, du côté de l’Asie, cette fois, lâche-t-il, les yeux en amande. Une fois à la retraite, après les fruits, il espère pouvoir se consacrer à ses passions : le foot anglais et les courses hippiques.

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