Rivière-Noire: la culture biologique gagne les exploitations

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Visites et explications sur les bonnes pratiques de l’agriculture bio étaient au programme de la journée de Vélo Vert.

  Visites et explications sur les bonnes pratiques de l’agriculture bio étaient au programme de la journée de Vélo Vert.  

L’agriculture bio fait des émules. Durant la semaine, des exploitants ont eu l’occasion d’expliquer quelle est la meilleure façon de la pratiquer.

Une dizaine d’agriculteurs, dont deux exploitants de Gros-Cailloux et Flic-en-Flac, se sont mis en tête de faire de l’agriculture bio. Celle-ci s’insère dans le cadre du programme d’Expansion en maraîchage biologique avec expertise régionale océan Indien (EMBEROI) de l’association Vélo Vert. Depuis lundi, et ce, jusqu’à la semaine prochaine, des visites ont lieu dans ces exploitations.

Pour mener à bien ce projet, Vélo Vert a obtenu le soutien de différentes entités de la région, dont Antenne Réunion, la Commission de l’océan Indien, le Food and Agricultural Research and Extension Institue (FAREI), le ministère de l’Agro-industrie et l’ambassade de France, sans compter différents parrains. EMBEROI est actuellement dans la phase deux de son application.

«À Vélo Vert, nous voulons favoriser la culture des fruits et des légumes bio pour satisfaire la demande et pour manger sainement. C’est dans cette optique que la phase I du projet EMBEROI avait été lancée en 2012 et qu’elle prendra fin cette année», explique Géraldine d’Unienville, présidente et fondatrice de Vélo Vert.

Fini les engrais chimiques

«Nous avons un projet de collaboration interîles. C’est grâce à cette collaboration qu’EMBEROI gagnera en maturité technique et sociale. Tout changement de pratique doit d’abord passer par un changement de mentalités, de consciences, d’où notre travail avec les agriculteurs.»

Pour les besoins de la phase II, des partenaires réunionnais de Vélo Vert à ISOLIFE, qui se spécialisent aussi en agriculture bio, sont venus visiter les vergers et les maraîchages dans le pays, dont une exploitation qui s’est déjà lancée dans ce domaine, à savoir, celle d’Hugues Maigrot, à Flic-en-Flac. Cela fait plus d’un an maintenant que son exploitation n’utilise plus d’engrais chimique. Mais les experts sont aussi venus donner leur avis sur la future exploitation de la compagnie de Gros Cailloux Ltd et sur la façon de s’y prendre pour que l’exploitation biologique réussisse.

«Cela fait presque trois ans maintenant que je me suis mis à la culture et nous produisons plusieurs fruits et quelques légumes actuellement. Au départ, je pratiquais de l’agriculture raisonnée avec peu de produits mais avec l’aide de Vélo Vert, je ne fais que de l’agriculture bio», explique Hugues Maigrot.

Manger plus sainement

«Ce n’est pas forcément le plus intuitif par rapport à la culture dans un verger et dans le maraîchage, mais ça fonctionne. Pour la première récolte, 0je me suis demandé comment cela allait fonctionner mais désormais, les améliorations en termes de produits récoltés sont bien visibles.»

Au cours de l’année écoulée et avec l’aide d’experts réunionnais avec qui il est en contact régulier, Hugues Maigrot a aménagé une série de plantes dans son verger pour attirer et remettre en place un écosystème qui permette à ses cultures vivrières d’être protégées par des insectes prédateurs, qui se nourrissent de bestioles qui attaquent les fruits.

«Le but est de mettre dans les vergers et les maraîchages des plantes utiles pour attirer certains insectes de façon à ce que les prédateurs soient aussi présents. On installe ces plantes spécifiques à des endroits déterminés afin de générer une chaîne alimentaire. C’est un lien entre la faune, la flore et les besoins du producteur», explique pour sa part Cyril Festin, coordinateur technique à ISOLIFE. «Il faut donner du temps aux plantations de se refaire et aux populations d’insectes de se remettre en place pour voir les résultats escomptés.»

Pour adopter les bonnes pratiques, il faut éliminer complètement les additifs chimiques et de synthèse. Au vu des essais sur les plantations autour de l’île, en utilisant les bonnes méthodes pour les plantes et les insectes, ainsi que le compostage, il faudrait en moyenne un an pour obtenir des résultats plus que positifs, estiment les experts comme les planteurs.

«Les méthodes vues prennent complètement à contre-pied tout ce que nous avons appris et ce que nous faisons. Mais nous avons la volonté de faire de l’agriculture bio avec l’aide des partenaires impliqués dans EMBEROI», ajoute Christopher Blackburn de la Compagnie de Gros Cailloux Limited. «Nous prévoyons d’obtenir de la production verte sur deux hectares avec la méthode de Vélo Vert.»

Vélo Vert espère pouvoir répandre les bonnes pratiques afin qu’un plus grand nombre de personnes mangent plus sainement.

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