Allégation d’agression: affaire classée pour Jean-Claude Barbier

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 Jean-Claude Barbier était poursuivi pour l’agression de deux activistes travaillistes en 2013

Jean-Claude Barbier était poursuivi pour l’agression de deux activistes travaillistes en 2013.

«Le tribunal ne peut que remettre en question les méthodes utilisées par la police ainsi que le manque d'équité affiché par la police. Les procédures adoptées par la police paraissent ombragées et inhabituelles et jettent une ombre sur toute l'enquête.» Manjula Boojharut, la magistrate, a tiré à boulets rouges sur les policiers qui ont mené l’enquête sur une agression alléguée dont étaient accusés Jean-Claude Barbier et Selvanaden Mootoosamy.

Le jugement a été rendu ce vendredi 20 juillet devant la cour de district de Port-Louis. Les deux répondaient, chacun, d’une accusation formelle d’agression. La magistrate a classé l’affaire pour les deux.

Elle a considéré les témoignages des deux activistes travaillistes, Manu Mangar et Soorain Draunath Parbotteau. Ces derniers avaient allégué avoir été accostés par les deux accusés, lorsqu’ils collaient des affiches illégales tout près de la Compagnie mauricienne de textile, à la Tour Koenig, dans la nuit du 29 avril 2013, en marge du meeting du 1er-Mai. A l’époque Jean-Claude Barbier était au Mouvement militant mauricien. Il est, depuis, député du Mouvement patriotique.

Manjula Boojharut dit ne pas comprendre comment l’un d’entre eux avait soutenu, en cour, avoir été tabassé par le politicien et tenu à réclamer des explications auprès de lui sur cette agression, alors que l’autre voulait lui faire la morale. «Mo fer li konpran ki avan li bat dimounn, li bizin donn esplikasion ki fer li bat dimounn», avait dit Manu Mangar, lors de son contre-interrogatoire mené par Me Steven Obeegadoo.

Témoins instables

Pour la magistrate, les deux plaignants qui ont déposé en cour apparaissent comme des témoins instables. Leur version, douteuse, fait douter de leur crédibilité et de la véracité de leurs propos. «Le témoin Parbotteau semble, quant à lui, être affligé du syndrome de la mémoire sélective

Cette dernière a noté la chronologie des événements dans laquelle les dépositions ont été prises. Selon un témoin de la police, l’accusé numéro un donnait sa version des faits bien avant que les plaintes des présumées victimes ont été enregistrées. Ce n’est qu’après que la version des plaignants a été communiquée à l’accusé.

«Comment se fait-il que, dans le même bâtiment, deux dépositions de la présumée victime, Manu Mangar, ont été prises, par le constable Boodram ? Le plaignant donnait des éléments supplémentaires sur l’agression alors que dans une autre salle du bâtiment, vous prenez la déposition de l’accusé numéro un, qui avait terminé 10 minutes plus tard ?» avait demandé Me Steven Obeegadoo, au policier Rathoar.

La magistrate a noté que ce témoin de la police affichait une attitude nonchalante. «Non seulement, il a manifesté un désintérêt total pour sa façon de répondre, mais il a été inconscient de la manière dont l'enquête a été menée

Prenant en considération les «poor testimonies» des plaignants et la façon dont l’enquête a été menée, la cour qualifiant les procédures adoptées par la police injustes envers les deux accusés, la magistrate a classé l’affaire.

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