Évacuation des centres de refuge: la police aux aguets ce mardi

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Peu après 7 heures ce mardi 17 juillet la police était déjà mandée sur les lieux à Baie-du-Tombeau. © Doreck Clair

Peu après 7 heures ce mardi 17 juillet la police était déjà mandée sur les lieux à Baie-du-Tombeau. © Doreck Clair

Ils veillent au grain. Des policiers ont été mandés tôt ce mardi 17 juillet devant le centre communautaire de St-Malo, à Baie-du-Tombeau. Les neuf familles qui y ont trouvé refuge depuis le passage du cyclone Berguitta en janvier été prévenues, hier, qu’elles devront vider les lieux ce matin au plus tard. Quitte à trouver refuge chez un voisin ou un proche.

Malgré l’expiration du délai hier, les locataires de ce centre communautaire ont bénéficié d’un sursis jusqu’au lever du jour en raison de la pluie qui s’abattait sur le village côtier, à l’heure prévue de l’évacuation. «Les policiers ne nous ont pas montré l’ordre d’évacuation. Ils nous ont simplement dit qu’ils ont été mandatés par le ministère pour nous en informer», raconte Jeymellia Candasamy qui a participé à la réunion. Jeymellia est la fille de Rajespedee Candasamy, 48 ans. Cette dernière, avec Baya Douglas, 70 ans, un autre sinistré du centre de St-Malo, a entamé une grève de la faim au jardin de la Compagnie, à Port-Louis, depuis vendredi soir.

Affaires ramassées

Après le départ de la police, Jeymellia Candasamy et deux autres membres de sa famille se sont mis à faire leurs cartons. Interrogée, elle explique qu’elle se prépare à toute éventualité. «Nous ramassons nos affaires parce que les policiers ont dit qu’ils viendront le matin. Mais nous ne quitterons pas le centre parce que nous n’avons nulle part où aller», insiste-t-elle.

Comme elle, les autres sinistrés ne comptent pas bouger d’un iota. En effet, dans la salle principale du centre communautaire de St-Malo, des chambres de fortune ont été aménagées avec des cartons, des rideaux ou des draps pour «un peu d’intimité» pour ces neuf familles qui disent attendre d’avoir un coin pour se loger depuis le passage de Berguitta. «Nous ne pouvons retourner chez nous parce que nos maisons affectées par le cyclone Berguitta ont été rasées. La National Empowerment Foundation nous a dit qu’elle en reconstruira d’autres. Nous attendons toujours», fait valoir Mary Anne Pasnin, une autre sinistrée.

Plus tôt, des représentants de la Child Development Unit (CDU) ont été dépêchés sur les lieux «pour parler aux parents», sauf que ces derniers n’ont rien voulu entendre. «La zot pé rod lagratel. Nou bann zanfan pa pas miser isi. Zot pé manzé, abiyé, bwar, zot pé al lékol», a alors vociféré une autre sinistrée. Les membres de la CDU, sentant que la tension a monté d’un cran, ont rebroussé chemin.

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