Au Mahatma Gandhi Institute : un salon chasse l’autre

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Krishna Luchoomun est le commissaire de l’exposition 50 artistes pour les 50 ans de l’Indépendance.

Krishna Luchoomun est le commissaire de l’exposition 50 artistes pour les 50 ans de l’Indépendance. 

Le mois de mai est largement dépassé. Sans qu’il y ait de salon. Si cela était attendu – la fin du Salon du Mai avait été annoncée l’an dernier – la nouvelle formule devant remplacer le rendez-vous annuel des arts plastiques n’est pas encore totalement définie. Ainsi parle Krishna Luchoomun, de l’école des Beaux-Arts, du Mahatma Gandhi Institute. 

À partir de vendredi, ce sont 50 artistes qi vont exposer à l’école des Beaux-Arts du MGI à Moka, à l’occasion des 50 ans de l’indépendance. L’exposition sera visible pendant une semaine, jusqu’au 29 juillet prochain. 

Krishna Luchoomun, commissaire de cette exposition précise : cette année, c’est une édition spéciale, dans le cadre de l’anniversaire de Maurice. «Il y a toujours des débats pour savoir si le Salon de Mai continuera à exister tel qu’on l’a connu. Il y a un aspect sentimental à tenir en compte pour beaucoup d’artistes qui y ont participé pendant de nombreuses années. Il ne faut pas ignorer cela. C’est dans le dialogue que l’on trouvera une solution». 

Clash avec les examens 

Sur un plan pratique, le Salon de Mai coïncide avec les examens de l’école des Beaux-Arts. Avec l’augmentation du nombre de cours, les salles sont requises par les étudiants. «Au fil du temps, le Salon de Mai est venu bousculer le calendrier». L’une des éventualités évoquées : garder l’appellation Salon de Mai, mais organiser la manifestation en juin ou juillet. «Ce n’est pas un problème, parce que le Salon de Mai est devenu un nom, un label qui n’est pas connecté au mois de mai».

Au changement de nom, Krishna Luchoomun dit préférer le «changement de fond». Sortir du format traditionnel du regroupement hétéroclite d’artistes tous niveaux confondus. «Ce n’est plus possible que quelqu’un qui a dormi tout le long de l’année, fasse une œuvre et elle est montrée au Salon de Mai. Ce serait mieux de voir une réflexion continue dans le travail des artistes». À la pratique régulière, Krishna Luchoomun ajoute aussi, une «approche souple qui lui permet de traiter de n’importe quel thème». 

L’expérience de la présente exposition montre que certains plasticiens ont été «bousculés» par le concept. L’exposition était ouverte à tous. «Avant, un exposant du Salon de Mai devait avoir fait des études en Beaux-Arts». Si ce critère ne s’applique plus, les plasticiens ont dû faire preuve d’un cheminement. «Nous ne cherchons pas des œuvres décoratives, mais un travail qui montre un certain questionnement. Une œuvre qui a des choses à dire ». 

Ensuite une année a été attribuée par tirage au sort aux 50 artistes retenus. 1968 est allé à une ancienne élève du MGI, Savita Tupsee alors que 2017 a été attribué à Geeta Mohit Pusun. Une fois l’année attribuée, l’artiste devait aborder un sujet relevant de notre histoire commune. «On m’a dit par exemple que c’est cette année-là qu’un proche est décédé. J’ai dû expliquer que c’est hors sujet». Comme commissaire, Kriushna Luchoomun affirme avoir fourni des pistes quant aux événements qui se sont déroulés durant ces 50 dernières années. «Mais sans rien imposer». «C’est dommage que chez certains artistes, la part de recherches ne fait partie de leur travail». Est-ce une question de génération ? Krishna Luchoomun dit, «pas nécessairement».  

L’artiste avait le choix d’englober plusieurs événements qui se sont déroulés durant l’année, ou de n’en choisir qu’un seul. Le tout à être présenté dans une œuvre. «La peinture reste majoritaire», explique le commissaire. Le public pourra aussi voir des sculptures, la gravure, la photo, des installations, des vidéos, apprécier un «travail sur le son». 

Le Salon de Mai est aussi connu pour avoir fait des mécontents, au fil des ans. L’année 2018 fera-t-elle figure d’exception ? Selon Krishna Luchoomun, «il n’y a pas eu des mécontents mais des artistes qui n’arrivaient pas à se situer dans ce nouveau concept. Mais au final les participants ont accepté de jouer le jeu». 

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