Sahil, 21 ans, le «papa» de la Maison familiale rurale

Avec le soutien de
Il faisait tellement bien son travail à la Maison familiale rurale qu’à la fin de son stage, il a été embauché.

  Il faisait tellement bien son travail à la Maison familiale rurale qu’à la fin de son stage, il a été embauché.  

Il n’a pas démarré du bon pied. Sauf qu’il n’a jamais baissé les bras. Sa relation avec l’école a toujours été, on va dire, particulière. Le jeune homme, qui est aujourd’hui âgé de 21 ans, ne parvenait pas à se concentrer en classe, à cause de problèmes familiaux, dit-il. La vie lui propose, plusieurs années après, des cours de rattrapage.

«Dépi mo kolez mo ti fini koné ki mo pa pou gagn enn bon travay enn zour…» relate Satyam Bizmohun, Sahil pour les intimes. À 14 ans, il décide de tout plaquer, accepte toutes sortes de petits boulots, çà et là. L’école était vraiment finie. Enfin, c’est ce qu’il croyait.

Il y avait autre chose écrit dans le cahier de son destin. Ses parents entendent parler de la Maison familiale rurale de l’Est, association qui travaille avec les school dropouts, ceux qui abandonnent les études en cours de route. Le but : former des enfants afin qu’ils puissent intégrer le monde du travail.

Cours de cuisine

Pendant un an, Sahil prend des cours de cuisine. Il entreprend des stages dans des hôtels de renom. «Il faisait tellement bien son travail qu’à la fin de son stage, il a été embauché», explique Jyotee Jatoo-Derochoonee, directrice de la Maison familiale rurale de l’Est. Mais le jeune homme n’est pas vraiment à l’aise dans son tablier. Il y a du changement de filière au menu.

Pendant qu’il cherche sa voie, Sahil touche à tout, il est tour à tour planteur, manev mason. «Monn fer tou travay ki éna mwa !» Au fond de lui, il aspire à autre chose. «Je voulais que ma famille soit fière de moi et que je puisse gagner bien ma vie.» Il décide d’aller frapper une nouvelle fois à la porte de la Maison familiale rurale. Jyotee Jatoo-Derochoonee décide de l’embaucher.

Sahil a fait du chemin depuis. Il est désormais un peu le «maître» de la Maison. C’est lui qui s’occupe du bien-être de tous les enfants pris en charge par l’association. «Kan zot malad, zot al get li. C’est lui qui les emmène chez le médecin. La Maison familiale rurale offre un repas chaque semaine aux enfants, c’est lui qui cuisine. Il fait les courses, il répare, bricole, il fait tout. Il est à l’écoute. C’est le papa de la Maison familiale rurale!» souligne la directrice des lieux. Sahil utilise, en fait, son propre vécu, son expérience pour aider les enfants.

Et puis, il ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Il n’a pu compléter sa Form IV et a décidé de retourner sur les bancs de l’école. Il veut un jour être moniteur, prof à la Maison familiale rurale. «Li pou kapav anségné dan lékol lerla», souligne la directrice de la Maison familiale rurale. L’association compte le parrainer afin de l’aider à atteindre son but.

Coup de pouce

«Je sais que j’ai les compétences et la volonté nécessaires pour y arriver, il me fallait un coup de pouce. Maintenant qu’on me l’offre, je vais faire de mon mieux pour y arriver, pour réaliser mon rêve. Mo anvi montré bann séki pann krwar an mwa mo valer ek mo kapasité…»

En attendant de pouvoir donner des cours, Sahil offre une belle leçon de vie.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires