Dans des abris: «Des filles se faisaient battre, d’autres étaient mises à genoux»

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Asha Guness, directrice de la Vedic Social Organisation, persiste et signe. Les anciennes pensionnaires des abris La Marguerite et Heaven Children Centre, sis à Belle-Rose et Paillotte respectivement, n’étaient pas maltraitées. L’une d’elles affirme pourtant le contraire…

«Madam-la so tifi ti bat mwa kalot, mo figir ti vinn bel. Li ti trenn mwa lor makadam…» C’est l’un des épisodes qui ont marqué le passage de Sandrine (prénom d’emprunt) dans un centre géré par Asha Guness.

L’ancienne pensionnaire, aujourd’hui âgée de 18 ans, dit avoir été frappée par la directrice elle-même. Raison ? «Pour me forcer à prendre des médicaments de l’hôpital Brown-Séquard ou encore pour manger», confie-t-elle. Sandrine explique qu’elle refusait de prendre ces pilules, celles-ci causant une fatigue et une somnolence diurne, même lorsqu’elle était en classe.

Sandrine et ses camarades pensionnaires subissaient également d’autres formes de punition. «Il y a des filles qui se faisaient battre. D’autres étaient mises à genoux», affirme la jeune fille.

Peur de représailles

Ce n’était pas tout. «Zot donn dipin diber, pa diri kari. On nous empêchait de sortir, même pas pour aller à l’école. On nous donnait beaucoup de devoirs à faire jusqu’à fort tard, et nous étions appelées à nous réveiller plus tôt que d’habitude», raconte-t-elle.

Pourquoi Sandrine n’en a-t-elle pas parlé aux officiers de la Child Development Unit ? Par peur. «J’aurais dû en parler mais je ne voulais pas subir de punitions, je ne voulais qu’on me force à avaler d’autres médicaments», concède-t-elle.

Sollicitée pour une réaction, la directrice de la Vedic Social Organisation, Asha Guness, dément les allégations formulées par la jeune fille. «Des officiers du ministère venaient souvent au shelter pour parler aux enfants. Si ces derniers étaient réellement victimes de maltraitance, comment expliquez- vous qu’on continuait à envoyer des enfants dans mes abris ?» D’ajouter «qu’évidemment, il faut corriger les enfants quand elles font des bêtises. Mais nous n’avons pas recours à la violence. On leur donne plutôt des conseils», assure Asha Guness.

 
 

Pour les besoins de la confidentialité, nous avons modifié la voix de Sandrine dans cette vidéo.

«Une guerre»

Asha Guness a entamé ce dimanche une grève de la faim. «C’est une guerre pour la justice et la vérité en vue d’effacer les fausses allégations faites contre moi. Des allégations qui nous ont démoralisées, ma famille et moi», dit-elle. Quant à ses 40 employés licenciés, ils percevront leur salaire pour un mois, soit à la fin du mois de juillet, et pour les 11 premiers jours d’août.

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