Il avait été détenu à Alcatraz: un jeune de 21 ans réclame des dommages de Rs 6 M à l’État

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C’est en Cour suprême que le Curepipien a déposé une plainte.

  C’est en Cour suprême que le Curepipien a déposé une plainte.  

Inhumain. C’est ainsi que Sandirajen Mooneyan qualifie le traitement qu’il a reçu lors de sa détention à Alcatraz, en 2016. Le jeune homme, aujourd’hui âgé de 21 ans, avait été arrêté sous une charge provisoire de drug dealing with aggravating circumstances - possession of cannabis for the purpose of distribution with an averment of trafficking. Ce, dans le cadre d’une enquête sur un trafic allégué de cannabis, lors de laquelle le mannequin Om Lombard a été arrêté. Toutefois, la charge a été radiée par la suite. Cependant, ce gérant d’une animalerie à Curepipe n’a pas dit son dernier mot. Il a déposé une plainte en Cour suprême, le mois dernier, réclamant des dommages de Rs 6 millions conjointement au commissaire de police et à l’État. Ces derniers doivent communiquer leur défense.

Dans le document préparé par son avocate, Me Yanilla Moonshiram, il est précisé que le jeune homme a été détenu dans une cellule infestée de punaises et de puces qui ont rongé une partie de son corps. Ce dernier a dû suivre des traitements médicaux pendant des mois, est-il indiqué. «Ma copine m’a quitté. Et ayant subi une humiliation, je ne voulais pas retourner sur mon lieu de travail. Je ne fais que faire des cauchemars et vis dans la peur à chaque fois que je vois un policier. À l’âge de 19 ans, cette arrestation a terni ma réputation», avance l’habitant de Curepipe.

Dressant une chronologie des événements, Sandirajen Mooneyan, qui gère le pet shop de sa famille à Curepipe, raconte qu’il a reçu la visite de policiers le 10 avril 2016. «Ce jour-là, je m’occupais d’un client lorsque plusieurs officiers de police se sont introduits dans l’animalerie», se remémore-t-il. D’ajouter que son père, qui est le propriétaire du lieu, a demandé aux policiers de présenter leur mandat de perquisition. Mais l’un d’eux devait répliquer : «Warrant, to pou trouvé la.» Les officiers avaient commencé à fouiller l’animalerie. «Et ils nous ont informé, mon père et moi, qu’ils ont eu des informations selon lesquelles nous vendons des graines de cannabis

«On m’a servi du riz et du poisson dans ma cellule et j’ai commencé à avoir des démangeaisons

Au dire du plaignant, son père a essayé de présenter des documents émanant des distributeurs de nourriture pour oiseaux. Notamment Zoomania, distributeur de nourriture pour oiseaux géré par le mannequin Om Lombard. Mais en vain. Les policiers ont par la suite procédé à la saisie d’une somme de Rs 31 000, de 30 boîtes de nourriture pour oiseaux de 1 kg chacune. Avant d’effectuer une fouille à leur domicile. «Selon la police, les boîtes contenaient 34 000 graines de cannabis, d’une valeur de Rs 3,3 millions. Et c’est là que j’ai été arrêté

Sandirajen Mooneyan a été détenu au poste de police de Vacoas. Le lendemain, il a été présenté devant la cour de district de Curepipe. La police ayant objecté à sa remise en liberté, il a été reconduit à Alcatraz, où il devait se dévêtir pour une fouille corporelle.

«On m’a servi du riz et du poisson dans ma cellule et j’ai commencé à avoir des démangeaisons sur tout le corps. J’ai alors été transporté à l’hôpital, enchaîné jusqu’aux pieds», poursuit Sandirajen Mooneyan. Reconduit dans sa cellule après avoir reçu des soins, le jeune homme n’aurait pas tardé à se sentir de nouveau mal. Son état de santé s’est détérioré et il a dû être transporté à l’hôpital pour la seconde fois. Dans la salle de consultation, le médecin lui aurait demandé pour quel meurtre il était détenu.

«The bites all over his body had turned into boils which as per the doctor ought to have been treated much earlier… As days went by, the boils on his body multiplied, they got bigger and became infected with pus», peut-on lire dans la plainte. Sandirajen Mooneyan, explique, d’emblée, qu’il a eu les pieds enflés à cause des punaises dans sa cellule et ne pouvait, par conséquent, pas porter des chaussures.

Le 22 avril 2016, il est relâché contre une caution de Rs 220 000 et a dû signer une reconnaissance de dette de Rs 1 million. Le Directeur des poursuites publiques a conseillé que la charge qui pesait sur lui soit rayée, le 16 janvier 2017.

Pour Sandirajen Mooneyan, son arrestation est illégale et injuste. Il avance en outre qu’il y a une confusion entre les graines de cannabis et les graines de chanvre, qui se trouvent dans la nourriture pour oiseaux. Précisant que les officiers de la brigade antidrogue auraient dû être au courant de cela, il considère qu’ils ont agi de mauvaise foi, lui causant préjudice.

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